Skip to content

Yuri on Ice

2017 mars 2

Le printemps est prévu pour la fin du mois, mais vu qu’il fait encore froid il est toujours temps de parler d’un des meilleurs animes de tous les temps : Yuri on Ice. Je pense que tout a été dit sur cet anime, y compris à peu près n’importe quoi. Mais vu que je m’en fiche un peu, je vais quand même donner mon avis dessus 😀

Du coup, je ne vais pas y aller par quatre chemins et donner tout de suite mon avis : j’ai A-DO-RE Yuri on Ice. J’ai attendu chaque épisode sagement chaque semaine, en espérant que l’épisode à venir était mieux que le précédent. Je n’ai jamais été déçue.

Chaque épisode a en effet été un concentré de vie et d’évènements qui ont renforcé un attachement envers des personnages qui n’ont rien en commun avec ma vie et mes centres d’intérêts. Les 12 épisodes ont passé à une allure folle, que ce soit au rythme d’un épisode par semaine ou en supportant un visionnage plus rapproché. La série est cohérente et consistante d’un bout à l’autre, ce qui est agréable, surtout pour une série qui aborde un sujet aussi rare au premier abord : le patinage artistique.

Yuri on Ice, c’est tout d’abord l’histoire de Yuri Katsuki, un jeune homme de 23 ans qu’on voit au tout début pleurer assis dans les toilettes d’un centre de patinage, à la fin d’une compétition internationale. Il est patineur professionnel et vient de rater la saison sportive, en n’ayant gagné aucune épreuve. Sur le bord de la dépression, il rentre chez ses parents (propriétaires d’un onsen) quelques mois après, totalement démotivé. Il a énormément grossi et ne semble plus avoir le goût de poursuivre son rêve : égaler le patineur Victor Nikiforov, son idole depuis son enfance, et devenir le champion du monde. Entrent en scène les trois filles de sa meilleure amie (qui gère la patinoire du bled de ses parents), trois chipies complètement folles de patinage, qui honnêtement ne font vraiment pas leur âge de gamines. Celles-ci filment Yuri à son insu, alors qu’il est en train de montrer à leur mère le résultat de son seul entraînement de ces derniers mois : le dernier programme court de Victor, qu’il danse en intégralité. Les trois chipies mettent la vidéo de la chorégraphie de Yuri Katsuki sur les réseaux sociaux (au hasard, Youtube et Twitter) et c’est le buzz… Yuri ne le réalise vraiment que lorsqu’un grand blond à poil au milieu de l’onsen de ses parents et s’appelant Victor Nikoforov lui propose de devenir son coach. Victor, qui a mis sa carrière brillante entre parenthèses pour pouvoir entraîner Yuri Katsuki, un pauvre japonais perdu dans son bled natal, au risque de déclencher les foudres de Yuri Plisetsky, un autre patineur russe, plus jeune que Yuri Katsuki, à qui Victor avait promis une chorégraphie… Omg, mais que va t-il se passer? (héhé? héhé? > oui y’a de l’écho)

La première chose qui m’a plu dans cet anime, c’est son enthousiasme. Il y a une énergie positive qui, sans être d’un optimisme béat et très niais (et très japonais, toi même tu sais), irradie les personnages et donne beaucoup de force à cet anime, en donnant l’impression de couler de source. Tous les personnages savent quel est leur but, quel est le sens de leur vie et donnent tout pour y arriver, même si c’est pour regagner un amour perdu (spoiler : ça ne marche pas). Yuri Katsuki est l’élément le plus renfermé et le plus pessimiste de tous les personnages. Mais l’anime ne s’attarde pas sur ses malheurs et ses échecs (tout comme ceux des autres personnages), pour se concentrer sur les éléments positifs de sa vie : ses parents sont présentés comme bienveillants, voire très bon vivants et l’entourage immédiat du héros est attentif. La soeur de Yuri, qui est peu présente dans l’anime, prend le temps de dire à Yuri que sa famille est là pour le soutenir.
Ce qui m’a aussi plu, c’est qu’il n’y a pas d’éléments négatifs au sens propre, ni de personnages entièrement négatifs. Yuri Plisetsky peut sembler au premier abord être un personnage négatif, mais on s’aperçoit vite qu’il est l’exact opposé de Yuri Katsuki. Froid et distant au premier abord alors que Yuri Katsuki semble être affable et sympathique, il cache surtout une grande sensibilité au regard des autres et une peur de l’échec vis à vis de sa famille, qui l’a toujours supporté malgré une situation familiale qui semble assez compliquée (il a été élevé par son grand-père). Yuri Katsuki est supporté par sa famille, mais est surtout centré sur lui-même et a peur de l’échec par manque d’estime de soi.
Les autres personnages connaissent également les succès ou l’échec mais ce n’est pas représenté comme quelque chose d’insurmontable. Seul Yuri, qui est le seul représenté en situation d’échec dans la début de l’anime, a une vision négative de ce qui lui arrive. Au cours de l’anime, le spectateur apprend que beaucoup d’autres personnages subissent ou ont subi des échecs, professionnels ou affectifs, mais ils le prennent différemment de Yuri et permettent à celui-ci de faire évoluer sa perception des moments difficiles.

 

Comme dit plus haut, le second point que j’ai énormément apprécié est les relations entre les personnages, qui permettent d’équilibrer l’histoire et la série. Aucun personnage n’est tout à fait positif ou négatif et tous présentent des défauts de caractère, corrigés ou non par d’autres personnages; mais leurs interactions permettent à chacun d’évoluer.

La série aurait pu s’en tenir aux relations entre les personnages principaux, mais les personnages secondaires sont eux aussi assez fouillés du point de vue relationnel. Que ce soit amoureux ou strictement professionnel, leurs relations sont explicitées à chaque fois, même si elles sont brossées assez rapidement au départ, elles sont consolidées au fur et à mesure de la série par petites touches, ce qui rend les personnages réalistes, quasiment réels. C’est un point qui m’a énormément plu et assez touchée, car même si cela ne prend pas énormément de temps, c’est un aspect un peu trop souvent négligé et mal géré. De plus, cela permet de se familiariser avec tous les personnages, pas seulement les 2 principaux et il y a beaucoup de personnages vraiment très sympathiques.

En ce qui concerne les héros, la direction négative que Yuri donne à sa vie au premier épisode est rapidement infléchie par les autres personnages présents de son entourage, notamment Victor. C’est lui qui vient trouver Yuri Katsuki au Japon et lui donne le courage de se sortir de son marasme. Sa petite compétition avec Yuri Plisetsky (renommé Yurio par la soeur de Yuri Katsuki), assez superficielle malgré le mauvais caractère de Yurio, va rapidement pousser Yuri à tout donner pour avancer. Avec Yurio (et la surveillance de Victor), Yuri va surmonter quelques obstacles techniques au niveau de son patinage, notamment en demandant de l’aide. Sous les critiques de Victor, Yuri va également apprendre à s’ouvrir aux autres et ne plus envisager la compétition comme en étant opposé aux autres, mais sous un angle beaucoup plus sain et dégagé de toute rancune ou comparaison.

Le personnage de Victor est donc un élément positif pour la carrière de Yuri. Sa balance se situe au niveau affectif, car Victor a négligé cet aspect et se retrouve avec un Yuri plein de questionnements, qui poussent Victor à devoir se poser des questions sur ses relations aux autres, l’impact de ses actions et sa vie sentimentale. A un Victor qui impose une chorégraphie sur l’amour charnel, Yuri va lui livrer une interprétation qui va de plus en plus consister à le charmer, lui (en passant par les phases porc pané sexy et femme qui veut charmer tous les hommes… Signe que Yuri évolue et mûrit sur sa vision de l’amour et ses sentiments face à Victor :3). Yuri va le pousser à s’impliquer dans une relation qui dépasse le cadre du coach et son élève.

On en vient donc au point de la relation amoureuse entre Yuri et Victor… J’ai entendu beaucoup de critiques sur le fait que Yuri on Ice est un yaoi (de la part de gens qui ne l’ont pas vu) et que Yuri on Ice n’est pas un yaoi (de la part de gens qui l’ont vu). En fait la série n’a pas besoin de ce genre de case et tant mieux. La relation intime, romantique voire amoureuse entre Yuri et Victor est traitée comme une relation privée évoluant au cours de la série, qui ne regarde que les deux intéressés et dont nous ne voyons jamais l’explication claire (il n’y en a pas besoin). Elle est également traitée comme étant logique et normale par tous les personnages présents et personne ne trouve à redire quoi que ce soit dessus, ce qui fait énormément de bien. On a besoin de plus d’animes comme ça montrant une relation saine, logique et solaire entre deux personnages adultes consentants.

Le troisième point que j’ai beaucoup apprécié dans cette série, c’est que personne n’est isolé, mais que tous les personnages évoluent dans un monde relié et connecté. Cela a été dit dans d’autres articles, mais les personnages utilisent énormément les réseaux sociaux et communiquent énormément. Je ne sais pas comment cela influera sur le bon vieillisement de la série, mais il est bon de montrer que les personnages n’évoluent pas seuls, mais parmi des connaissances privées ou professionnelles et dans un monde peuplé de parfaits inconnus. Les fans, les compétiteurs, les journalistes, les organisateurs sont visibles et leurs connexions sont également visibles et montrées (les conférences, les interviews, les entraînements avec les divers entraîneurs…), ce qui contribue à faire de Yuri on Ice un anime à part dans la description du réel. Le spectateur a ainsi l’impression de faire partie du monde des personnages, ce qui a du sens pour les japonais car Yuri on Ice est le seul anime récent sur un sport très apprécié dans le pays.

Ce qui renforce cette impression de réalisme est l’utilisation de figures de vraies stars du patinage dans l’anime ainsi que l’intervention de vrais pros du patinage, notamment pour la réalisation des chorégraphies. On en vient au dernier point que j’ai énormément apprécié dans cet anime, qui est la relation au corps et à son expressivité.
Yuri on Ice est un anime qui a réussi à atteindre un vrai réalisme et une vraie fluidité d’animation sur les chorégraphies, imposées par le thème de l’amour charnel. Mal animer des chorégraphies sur glace après avoir posé un tel thème aurait été un vrai problème et aurait détruit le sujet central.
L’animation s’est notamment concentrée sur les programmes des différents compétiteurs, avec de larges passages concentrés sur la compétition en elle-même et la mise en mouvement de détails qui pourraient sembler superflus. Les mains, les pieds, les têtes sont dotés d’animations détaillées et contribuent au réalisme des corps et des techniques. Car le patinage artistique étant de la danse sur glace (comme vu pour Yurio, qui bénéficie des cours d’une danseuse classique russe renommée), il n’est pas possible de faire n’importe quoi avec ces parties du corps, sous peine de notamment avoir la tête qui tourne sérieusement en plein saut pour cause de tête qui tourne trop vite ou avoir le centre de gravité qui se déplace à cause d’un bras mal positionné… Pas facile quand on fait un quadruple tour sur soi-même sur la glace.
L’animation de ces parties du corps, notamment des mains, permet aussi aux personnages de montrer leur attachement l’un à l’autre, comme pendant la chorégraphie de fin entre Victor et Yuri (OUI, CETTE CHOREGRAPHIE. Je ne m’en remets toujours pas, tellement elle est belle.).
Dans l’ensemble cet anime regorge de petites attentions physiques des uns envers les autres (ils se touchent énormément ou c’est juste moi?) et de gens pas très habillés ou utilisant leurs corps à des fins suggestives sans « spectator gaze » pour attirer l’attention d’un autre personnage, ce qui reste un peu étonnant pour un anime japonais. L’anime permet aussi via son sujet de parler un peu de sexe, de genre et de désir sans intention graveleuse et sans jugement, ce qui est un bon point et là aussi un sujet trop rare dans un anime. A ce propos, l’ending avec toutes les photos du gala de l’année précédant l’anime, qui est un petit moment rigolo où ils finissent tous plus ou moins à poil est assez explicite sur le sujet…

Je pourrais encore parler pendant longtemps de cet anime qui fut une révélation pour moi et qui de plus est arrivé pile au bon moment quand j’en avais besoin 😀 C’est un anime assez « feel good » avec quelques tranches de vie, mais qui reste pourtant assez fouillé avec plusieurs problématiques de réflexion. De ce fait, Yuri on Ice supporte assez bien plusieurs visionnages.

 

 

Un grand merci à Sayo Yamamoto.

 

(Merci merci merci merci *_*)

One Response leave one →
  1. Natth permalink
    mars 2, 2017

    Et merci pour cet article très chouette ^o^
    Les chorégraphies me plaisaient tellement que je les repassais deux ou trois fois, pour pouvoir les regarder à mon aise après avoir lu les sous-titres. Celle de Victor au tout début m’a scotchée sur place : je ne m’attendais pas à une scène aussi magnifique. Les prestations de Yurio sont de vraies merveilles, elles font partie de mes préférées. Pour moi, c’est clairement ce qui rend cet anime différent des autres.
    J’ai été ravie d’apprendre que les ventes de DVD et de BR se comptaient en dizaines de milliers, j’espère toujours l’annonce d’une nouvelle saison ^^

Leave a Reply

Note: You can use basic XHTML in your comments. Your email address will never be published.

Subscribe to this comment feed via RSS