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L’univers de Hurle

2015 avril 3

Après un faux départ de l’article et un petit souci de serveur, je remets l’article en ligne :3

Avant de parler des personnages, parce que j’en parle seulement dans le prochain article, j’aimerais aborder les différences entre les deux univers. Parce que je préfère spoiler un peu les contours avant de parler des points centraux, et aussi parce que l’univers du bouquin ne peut être appréhendé seulement par ses personnages ou par le début de l’histoire :p

 

Pour le récap des gens qui n’auraient pas suivi :

Introduction :

Le début de l’histoire :

——

Allez, c’est parti!

Youhou!

J’avais abordé une différence de taille entre l’univers du livre et celui du film dans mon article précédent, qui déterminait le genre des deux œuvres (plus fantasy pour le livre et fantastique pour le film). Là, je rentre plus dans le détail des représentations des deux univers.

Tout d’abord, une différence énorme saute aux yeux dès le début du film (voir le passage du train sous les vitres de l’atelier de Sophie) quand on a lu le livre : le monde donné à voir par le film de Miyazaki est en pleine révolution industrielle et ressemble fort aux représentations picturales, à la mode et à l’architecture du dernier quart du XIXème européen (hormis les engins volants, très uchroniques-jules-verniens pour les petits engins – voire steampunk et très Nausicaa pour les gros), quand le monde d’Ingary est plutôt typé XVIIème siècle, avec beaucoup d’apports des poncifs de contes de fées, utilisés la plupart du temps à des fins de parodie comme je l’avais déjà signalé dans l’article sur l’histoire des deux oeuvres.

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L’autre point qui est assez évident, c’est que le monde du film est un monde en guerre, en contraste complet avec le monde plutôt débonnaire et bon vivant du livre (bon, ok, on parle quand même de guerre, mais c’est une menace dans un coin, pas quelque chose de palpable). Le point de départ de l’aventure de Sophie dans le livre est la fête de Mai, dans la tradition des fêtes anciennes qui marquaient les saisons (d’ailleurs, la signification d’une telle fête est pour moi est une promesse de choses en-dessous de la ceinture, ça fait très Nounou Ogg ces choses-là. D’ailleurs son livre de recettes a enfin été traduit en français, c’est de la grande littérature. Hommage à Terry Pratchett.).

Dans le film, la fête de mai se transforme en parade militaire, dans un monde assez militariste et pressé, mais sans qu’il y ait un ancrage complet dans l’histoire réelle de la fin du XIXème européen (pas de noms de lieux, de personnes pour identifier précisément l’action). La scène du combat entre la sorcière du désert et Hurle du livre est transformée par Miyazaki en scène où un bâtiment militaire défait et en train de couler revient au port. Les soldats peuplent le film font plus que penser aux soldats européens de la guerre de 1870 entre la France et l’Allemagne, alors que la technologie, elle, est assez variable et peut faire penser à une période allant de la fin du XIXème à environ la fin de la première guerre mondiale. En plus, très peu d’infos fuitent sur le pourquoi de cette guerre totale : tout juste a t-on l’impression que c’est pour savoir qui a les plus grosses, et aussi un peu pour passer le temps (bon, ok, le prince Justin est porté disparu, c’est pas très grave au fond, non?). Les personnages principaux du film, sauf Hurle qui y prend un rôle actif, agissent comme si cette guerre ne les concerne pas, ce qui renforce cette impression de flou.

Kiri kiri kiriiii

Le troisième point qui saute aux yeux quand on a lu le livre, c’est l’absence dans le film du Pays de Galles (sisi). Si vous avez vu le film, vous vous souvenez forcément de la porte d’entrée du château avec les codes couleur et une sortie par code, avec la poignée qui tourne pour changer de sortie du château… La plus grande divergence entre les deux œuvres est à ce niveau : dans le film, le code couleur noir correspond à l’activité guerrière de Hurle, qui s’élance dans ce « vide » derrière la porte pour aller faire la guerre lui aussi, transformé en chimère, alors que dans le livre le « vide » correspond au Pays de Galles. C’est moins prestigieux, moins dramatique également (c’est même un peu la lose selon le point de vue), mais c’est là d’où vient Hurle et où il retourne plusieurs fois au cours de l’histoire, avec Sophie et Michael.

Bon, du coup, vous aurez deviné, le Hurle du livre ne vient pas du monde d’Ingary et bien de la Terre. Hurle est donc un humain. Cette caractéristique fait indirectement du livre un récit de mondes parallèles, vu que ce n’est pas Hurle le héros, mais bien Sophie qui ne pige pas forcément bien ce qui se passe lorsqu’elle y va pour la première fois (les interprétations de Sophie quant à la nature des objets qu’elle découvre au Pays de Galles sont vraiment rigolotes). Il n’en est pas du tout question dans le film, Hurle se plaisant même à montrer à Sophie l’endroit où il aimait passer ses vacances quand il était petit, ce qui laisse penser qu’il n’y a pas du tout de mondes parallèles existants dans le film et que tout se déroule à Ingary.

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Ce (gros) point rend ainsi l’œuvre de Miyazaki moins riche, plus linéaire et plus « plate » dans l’appréhension du monde décrit, mais tout de même intéressante car les personnages prennent au cours de l’histoire un caractère différent de ceux de l’œuvre originale.

 

A suivre!

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