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A la recherche de Marnie [SPOILERS]

2014 décembre 14
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by Tata Simone

*époussette les meubles*

 

 

*range sa collection de manga louches*

 

 

 

*met une jolie robe années 30*

 

 

 

Bonjour à tous, je dépoussière un peu les environs pour vous parler de Marnie. Mais si, vous savez, Marm… euh, Marnie. Ou Marnie Nova? Bref, c’est un prénom bizarre, quand même. Vous ne trouvez pas?

 

 

Marnie, donc. Je suis allée voir Souvenirs de Marnie en avant-première et j’avais envie de vous en parler, là, maintenant. Parce que déjà c’est le dernier film des studios Ghibli avant un petit moment vu les problèmes actuels du studio, et puis parce que c’est un film qui n’a pas été réalisé par Miyazaki ni Takahata mais par Hiromasa Yonebayashi et que c’est intéressant de voir comment on peut arriver à donner envie de lire un livre parce que le film rend sa lecture nécessaire.

 

 

Alors oui, avant de poursuivre plus loin, sachez que je n’ai pas vraiment adoré le film, et plus précisément je ne l’ai pas apprécié. Donc vu que vous ne l’avez sûrement pas vu, je vous laisse le soin de fermer mon blog et de vaquer à des activités plus saines, comme je ne sais pas moi, aller incendier la maison de votre voisin ou enfermer des chats dans des poubelles.

 

Marnie

 

 

Reprenons. Si vous n’êtes pas parti, c’est à vos risques et périls.

 

 

Souvenirs de Marnie est donc un film du studio Ghibli, dont la sortie est prévue milieu janvier 2015. Ce film raconte les aventures d’Anna, une jeune fille (lycéenne?) habitant Sapporo, mélancolique aux cheveux courts, qui est asthmatique. On comprend d’ailleurs dès la scène d’ouverture que son asthme est pour elle un fardeau et qu’elle se déteste… pour des raisons un peu obscures au début du film, en fait (elle doit d’ailleurs prêter à sa maladie des trucs surnaturels, comme une envie d’autodestruction, ce qui est assez fréquent quand on réfléchit un peu trop. Après ça donne des gens allergiques au chats qui vont adhérer au CCC et déclarer haut et fort que les chats sont tous des connards qui veulent dominer le monde.). On apprend aussi très vite qu’elle n’a pas d’ami-e-s, ce qui est assez logique quand on se déteste, déteste ceux en face de soi et qu’on les trouve cons. Au grand dam de sa mère, une femme qui dépense des fortunes en médecin à domicile pour sa fille et désespère de trouver le regard d’Anna si vide.

 

D’ailleurs, on apprend aussi assez vite, toujours dans cette scène d’introduction, que sa mère n’est pas sa vraie mère et qu’Anna est orpheline. Bon, ok, ça peut avoir envie de donner des idées d’auto-détestation. Du coup, sa mère, qui est en réalité sa tante et qui s’inquiète plutôt pour la santé d’Anna (qui, elle, ne peut pas la voir, même en peinture) décide de l’envoyer dans sa famille, là-bas loin dans le sud, sur conseil du docteur présent dans la scène qui a dû se dire que ce serait mieux pour tout le monde.

 

 

Sur le départ d’Anna de Sapporo, fin de la scène d’introduction.

 

 

Après le générique (le running gag de la vieille mémé qui met 3 plombes à sortir du train est apparemment assez répandu), Anna est donc conduite dans la maison de sa tante et de son oncle, qui est loin d’être la maison la plus dégueu que j’ai vue dans un film d’animation. On reconnaît bien là la patte d’un studio qui a l’art de créer des ambiances et des endroits paradisiaques qui parlent à beaucoup de gens. Très permissif, le couple laisse Anna aller et venir à sa guise et dessiner tant et plus, ce qui est la passion d’Anna. Elle déteste montrer ses dessins, mais elle garde toujours sur elle un carnet à dessins, un crayon de papier et un cutter.

Très vite, elle va découvrir un vieux manoir sur la lagune qui la fascine et qui lui rappelle quelque chose, mais sans savoir quoi. Un soir, alors qu’elle est seule, elle va y faire la connaissance de Marnie, une jeune fille à la chevelure blonde et qui semble être sortie d’un film des années 30, avec ses habits, ses manières, les objets de l’époque. Les deux filles vont se lier d’amitié et se promettre d’être toujours là l’une pour l’autre…

 

Coucou!

 

Je sujet du film est, vu comme ça, diablement alléchant.

 

 

Déjà, parce que l’adolescence est un sujet largement abordé dans la littérature mondiale et Anna est un superbe exemple d’adolescente qui se moque d’à peu près tout, renfermée et taciturne envers les personnes qu’elle n’aime pas et est maladroite dans la façon de gérer ses émotions.

De plus, la relation entre Anna et Marnie (deux filles, ce n’est pas commun dans un film d’animation) donne beaucoup de possibilités de narration et de subtilité dans le registre de l’amitié, aux bords des amours particulières.

C’est aussi un film sur cet instant éphémère où la liberté de l’enfant est plus grande que les devoirs et les responsabilités futures de l’âge adulte.

J’attendais donc beaucoup de ce film, même si j’avais lu de part et d’autre qu’il s’était un peu vautré au Japon, notamment à cause d’une mauvaise campagne marketing. Après mon visionnage, je pense que le film est quand même grandement fautif.

 

Marnie et Anna

 

Tout d’abord je trouve que le film est flou, pas bien construit et se cogne un peu sur les bords. Ce qui est dommage pour un film Ghibli, studio qui n’a pourtant pas la tradition de faire des films qui godillent dans les coins. Mais dès la scène d’introduction, j’ai eu l’impression que l’histoire ne se déroulait pas bien, qu’il y avait eu un accroc quelque part et qu’on avait sauté une partie d’une scène. La relation entre Anna et sa mère n’est pas bien mise en scène, n’est pas expliquée et pas cadrée. Les sous-entendus sur la vraie filiation sont trop ténus pour qu’on comprenne qu’il y a anguille sous roche et quand Anna dit que sa mère n’est pas sa vraie mère, j’ai encore l’impression qu’il manque quelque chose.

De même, quand Anna et Marnie se découvrent, s’amusent ensemble et se racontent leur vie, il y a quelque chose qui ne va pas, qui accroche et rend le film peu fluide. Les scènes sont rapides, pas très bien amenées et expliquées, on ne comprend pas forcément très bien ce qui se passe. La scène où Anna et Marnie se posent des questions réciproques sur leur vie à tour de rôle est vraiment trop rapide, surtout quand Anna s’endort et que Marnie ne la retrouve pas. Cette scène était pourtant à mon sens le point central du film, là où le spectateur prend conscience de ce qui cloche chez Marnie et de ce qui fait le mystère de ce personnage. Le rythme rend du coup l’ensemble confus et pas forcément très compréhensible. La suite est du même acabit et la fin, en deux parties, achève de rendre ce film mal construit et incompréhensible.

 

 

Le deuxième point qui me chiffonne, c’est que les scènes-clés sont entourées de fatras pas forcément nécessaire et qui plombent le propos du film, sont souvent empreintes de lyrisme à deux balles et décrédibilisent les actions des personnages. Ce point m’a vraiment gênée à deux reprises : lors de la révélation du « secret » d’Anna (j’ai pouffé de rire pendant la scène, je ne pense pas que c’est ce qui était voulu par le réalisateur), alors que ce qui précède était tire-larmes au possible. J’ai pas pu. De même, lorsque Anna dit à Marnie après l’épisode du silo qu’elle l’a trahie, j’ai facepalm très fort, alors que c’est IMPORTANT.

De même, la relation entre Anna et Marnie est tellement mal rendue à l’écran à l’égard de la fin et de la complexité de l’intrigue que ça me donnerait quasiment envie de pleurer. Le film se perd lui-même, les personnages se perdent dans des scènes superflues et donnent à l’ensemble du film un air d’anime shojo-ai louche de bas étage. Le déséquilibre est vraiment trop grand entre un gâchis d’abus de non-dits d’un côté (la relation entre Anna et sa mère, qui aurait bien eu besoin d’un peu plus d’explications) et de déballage d’informations de l’autre (la relation entre Anna et Marnie où beaucoup de dialogues ont l’air forcé, mais taisez-vous bordel!).

 

 

Troisième point, il y a apparition de personnages sans contexte (par exemple, la fille de la voisine? De la femme qui crie très fort? un peu enveloppée sur laquelle s’énerve Anna lors de la fête du village, ou les gamins qui crient sur le pêcheur, ou le pêcheur lui-même) et n’ont pas d’utilité autre que de décrire l’héroïne ou d’autres personnages comme le personnage du pêcheur taciturne. Ces personnages n’agissent pas, ne font rien, ils n’existent pas en tant que tels. C’est un manque de rigueur du film que je trouve assez étonnante quand on compare Marnie avec Le vent se lève, où tout est expliqué, décortiqué, chaque personnage ayant son identité et sa fonction (ok, je sais, c’est pas Miyazaki qui a fait le film. Mais merde, quoi, c’est important, trop de films d’animation japonais ont ce défaut et c’est déjà pas terrible, mais alors que ça arrive sur un Ghibli, ça me fend le cœur).

Autre chose qui me chiffonne, c’est l’absence de réaction des personnages, comme si l’histoire ne les concerne pas. Anna ne pose pas de questions dans le film, ce qui m’a énervée au bout d’un moment. Pourquoi a t-elle perdu de vue Marnie? Pourquoi Marnie saute t-elle d’un talus? Pourquoi fait-elle des rêves bizarres où elle se retrouve sur un des bancs d’herbe de la lagune? Et pourquoi personne, personne ne demande de comptes à Marnie, surtout après les épisodes de la chaussure disparue et du silo où elle est retrouvée allongée par terre dans la pluie? je ne comprends pas cette apathie.

 

 

Dernier point, en ce qui concerne la fin du film… Bah je l’ai devinée 20 minutes avant, au récit de l’ancienne amie de Marnie. Pas de surprise pour moi à la révélation de l’arrière de la photo, donc, j’étais bien dégoûtée, d’autant plus que j’avais remarqué dès le départ la couleur des yeux d’Anna. Donc VOILA, PAYE TON FILM HEIN.

 

Caramba, encore raté!

 

Bref, ce dernier film du studio Ghibli (pour l’instant, j’espère qu’il y en aura plein d’autres!) est pour moi un échec à être un bon film et un film qui marque la fin d’une époque. Le vent se lève (je n’ai pas vu Princesse Kaguya, mais c’est prévu! Il paraît qu’il est vraiment très bien, il faut que je le voie, j’updaterai mon post en conséquence) est à cet égard LE dernier film Ghibli. Mais comme précisé dans l’introduction (pas terrible d’ailleurs, je m’en excuse, je n’ai pas écrit depuis un moment et je crois que ça se sent), Souvenirs de Marnie est un film qui m’a donné envie de lire le livre original que je ne connaissais pas, ce qui est déjà pas mal 😀

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  1. Nathalie permalink
    novembre 12, 2015

    Bonjour,
    Je voulais juste signaler une erreur dans votre poste. La mère adoptive de Anna n’est pas sa tante. Elle n’ont aucun lien de parenté. Elle l’a adoptée à l’orphelinat.
    Voilà, c’est tout.
    Belle journée à vous,
    Nathalie

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