Skip to content

Addicted to curry, ou l’art de rater une bonne recette [NSFW]

2012 septembre 26
by Tata Simone

Je l’avais dit dans le précédent article, je n’ai pas aimé Addicted to curry. Pourtant, tout avait bien commencé. J’aime les épices en général, j’aime beaucoup les plats épicés et je rajoute du poivre dans tout ce que je mange, plutôt que du sel. Dans le même ordre d’idées, j’aime le curry, j’en mange souvent et en ce moment j’en fais beaucoup chez moi, vu que je suis dans mon trou paumé sans restaurants japonais ou indiens.

Donc lorsque Ninjigen m’a parlé de mon précédent post sur mon curry de poulet de flemmasse (il était pas très content pour le sel et surtout sur le fait de rajouter du poivre :/) et qu’il m’a redirigée vers le manga Addicted to curry pour en apprendre plus sur le sujet, j’étais contente. Passé le premier chapitre, j’ai vite déchanté. Certes, l’intérêt principal, en savoir plus sur le curry, est satisfait. Il y a des recettes, le personnage principal explique bien tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet, là n’est pas le problème. Ce qui plombe irrémédiablement ce titre, selon moi, c’est tout le background et l' »humour » basé sur le Q de la série.

Addicted to curry est effectivement un manga graveleux, qui assume cet état de fait, joue avec et qui en rajoute des tonnes. Et c’est bien ça le problème : là où il pourrait y avoir un pantyshot ou deux des familles de temps en temps voire plus, un peu rigolo histoire d’agrémenter un peu le récit qui tourne quand même autour d’une lycéenne dont le père possède un restaurant de curry, se greffent des trucs inutiles, lourds et franchement abjects. Et qui arrivent comme un cheveu sur la soupe. Entendons-nous bien, je lis du H par kilos entiers, j’ai une once de goût pour le second degré et l’ironie, j’aime les pantyshots et j’en ai franchement rien à foutre de voir des filles à poil. Sauf que.

Ca, c’est sur les 4 premiers chapitres du tome 1, sans parler des couvertures des tomes, en-dessous des cache-poussière. Ainsi donc, au chapitre 6 (toujours dans le tome 1) apparaît un méchant très méchant qui n’a peur de rien. Pour preuve, il reçoit un coup de téléphone alors qu’il est en pleine action :

Waaaaah, ça fait peur. Franchement, j’ai la chair de poule rien qu’à regarder ce méchant obsédé sexuel amateur de curry. D’ailleurs, il passe son temps à peloter sa copine plus une autre fille, quand il ne chope pas un nichon de l’héroïne (qui ne dit ni ne fait rien bien sûr, sinon elle n’est pas une charolaise japonaise pure souche). Sérieux, à ce rythme, son cas relève plus de la psychiatrie qu’autre chose.

Le problème, c’est que ce manga, qui pour moi démarre très mal, ne relève pas le niveau par la suite. Le méchant obsédé sexuel est en fait gentil (il a une soeur aveugle en fauteuil roulant ; le pauvre, c’est pas de sa faute si il est méchant), d’autres personnages rejoignent l’équipe, more pantyshot ensues, bref c’est du shônen de base pour mecs qui exclut les filles. Enfin, du seinen du coup, vu que ce manga a été publié dans Young jump, un magazine pour les jeunes adultes masculins. Car il suinte de Addicted to curry une attitude spéciale à certains représentants du genre, comme diraient certaiens personnes « d’entre-couilles », bien visible dans ce manga, de hiérarchisation des rôles et des sexes, où le masculin est le seul valorisé. Ce qui donne lieu à la fameuse case que je déteste, qui résume bien à elle seule le problème (oui, y’a beaucoup de manga shônen qui ont ce genre de case) :

Couplée avec ces cases un peu plus tôt :

Ou l’art de mettre en piédestal les héros masculins (et exclure les filles).

Pour en rajouter une couche, montrer délibérément des filles qui se font quasiment TOUTES -sauf la catcheuse, elle n’est pas une « bonne meuf » voyez-vous- mater, peloter et se font traiter comme du morceau de viande fraîche pour le plaisir de certains personnages masculins m’a mise mal à l’aise. Ce manga n’est pas le seul à proposer ce genre de chose et la plupart du temps je ne relève même pas, mais c’est particulièrement MAL FAIT ici. Ok, ce manga est marketé pour les jeunes hommes, mais cela ne dispense pas d’avoir un peu de décence et d’éviter de mettre en avant de façon aussi brutale des pratiques avilissantes envers les femmes « bonnes meufs » (quasi chaque chapitre a son passage graveleux, comme une obligation…). GTO, à côté, c’est le summum de l’art.
D’ailleurs, le fait qu’il n’y ait pas de représailles ou si peu me donne l’impression qu’on me prend, en tant que fille, pour une conne (youhou, je ne suis peut-être pas la cible privilégiée du manga, mais je lis aussi du manga pour mecs, merci pour moi). En plus, l’attitude de fille fragile qui pleure pour un rien de la part de l’héroïne et les attitudes victimaires prises par les autres filles ne relèvent pas le niveau, question « toutes les filles sont débiles, faibles et énucléées du cerveau » (la catcheuse ne compte toujours pas).
Le point culminant est atteint lors du match de curry entre Françoise et l’héroïne, un sommet de bêtise. J’ai d’ailleurs arrêté de lire après ce chapitre. Le seul contrepoint serait le personnage de la petite amie du méchant, justement celle avec qui il « s’amuse », qui a l’air plus adulte que les autres filles.

Je ne sais pas si le mangaka a inséré dans son récit cette surcouche graveleuse par demande de son éditeur, mais c’est très très mal fait. Et carrément rhédibitoire pour moi. Au final, je ne poursuivrai pas la lecture de ce manga, qui est pourtant très intéressant, mais si c’est pour se taper des tartines de trucs pas drôles, voire à limite de l’insultant juste pour lire 2-3 trucs intéressants et des recettes sur la question, je préfère autant m’acheter un livre de cuisine sur le sujet.

No comments yet

Leave a Reply

Note: You can use basic XHTML in your comments. Your email address will never be published.

Subscribe to this comment feed via RSS