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Lingerie

2012 septembre 23
by Tata Simone

Cela faisait un moment que je n’avais rien posté en catégorie « manga ». Raisons? Flemme, pas envie, ou tout simplement… Rien lu. Ouais, je n’achète plus rien, parce que je déménage tout le temps en ce moment et acheter du papier au kilo me fait encore plus de tonnes à transporter ailleurs.
Donc tout cela favorise par glissement freudien (je ne sais pas pourquoi j’ai mis ça, ça me paraissait le bon mot, bref) le tipiakage massif de mangasses pas encore sortis en france. Le piratage, c’est mal, je le dirai encore et toujours, mais des fois je crois qu’en fait c’est nécessaire pour savoir ce à quoi on échappe (han comment ça c’est une justification bidon ><).

Après ce long prologue, nous allons parler de Lingerie, un mangasse coréen pour filles sympa et bien dessiné sur la lingerie, à déguster après avoir fumé ou sniffé un rail de poudre blanche à la paille.
Le synopsis de départ est assez sympa quand même :

Min hae-kang est la fille d’un designer en lingerie qui tient une echoppe de lingerie à Lingerie, en compagnie d’une équipe d’employées aux talents divers et de son jeune frère, qui est une des plus belles beautés masculines du pays. Le travail de son équipe est reconnu et valorisé, notamment à l’occasion de foires où elle expose leur travail et par diverses commandes spéciales, où se révèle tout le talent de ses assistantes.
Un jour, elle expose son travail devant l’impératrice, qui la distingue parmi les autres. A cette occasion, Min hae-kang propose à l’impératrice de faire de son jeune frère son concubin. En échange, l’impératrice leur envoie Jinmu, un jeune homme à tout faire, qui sert au départ à attirer la clientèle féminine par son charme de bogoss (tavu) et qui finira par se montrer très doué pour le métier de designer en lingerie. Jusqu’au jour où un concurrent arrive à Lingerie et essaie d’écraser la réputation de notre fine équipe…

Sans rire, j’ai bien aimé le personnage de l’héroïne. Elle est sans conteste le fil rouge du manga et son caractère m’a énormément plu. Ce mélange de beauté froide et de caractère bien trempé au fin fond de la fosse des Mariannes est plutôt rafraîchissant. Surtout après avoir essayé Addicted to curry avec sa cohorte de filles toutes plus crucruches les unes que les autres et la foule de pantyshots ou de séances nazes et crispantes de chopage de nichons (désolée Ninji, mais sur le coup ce manga m’a énervée au plus haut point, alors que le propos de base est hyper intéressant).

Sauf que… En fait, je crois que classer Lingerie comme manga « mauvais » est un non-sens car il ne rentre pas dans les cases de la catégorie. Lingerie est plutôt un truc alien, où tout notion de réalisme est abolie pour donner un joyeux bordel nanardesque coréen assez unique.

Passés les quelques premiers chapitres d’exposition qui sont eux pour le moins mauvais, nous avons donc la situation suivante : nous nous trouvons dans un monde où on suppose que l’action se passe en corée, parce que les personnages ont des habits traditionnels coréens et les décors font très coréen.
MAIS il se trouve que parfois, sans savoir pourquoi, on se retrouve en mode random dans des immeubles ultramodernes, avec des gens connaissant entre autres la technologie du téléphone. De même, la lingerie montrée est tout à fait contemporaine et pourrait faire partie des collections des marques de lingerie qu’on trouve dans nos magasins (les clientes sont quand même en habits traditionnels coréens @_@), MAIS sont cousus avec des machines à coudre du XIXème siècle, sans électricité. Les personnages ne sont pas du tout perturbés par ça, mais moi ça m’a fait franchement bizarre. On assiste quand même à l’invention du vélo d’appartement (en bois) et de la veste de sudation dans un des chapitres. Avec en prime des conseils pour prendre soin de sa peau pendant une période de détox et de cure d’amaigrissement.
Le must en la matière est quand même atteint par l’officier Choi, qui en pince grave pour l’héroïne et a un superbe habit de policier des temps jadis, avec son chapeau de bigouden d’époque et des lunettes qu’il va faire refaire chez un opticien Atoll parce qu’il les casse dans un chapitre. NORMAL.

Sinon, rien que de très normal dans les relations humaines entre personnages du manga : Hae-kang est une fille super mignonne et sérieuse *kof kof balai aaaaarrgh* et l’officier Choi lorgne sur elle depuis pas mal de temps. Il est interrompu dans ses douces pensées par l’autre malotru de Jinmu qui arrive avec ses gros sabots vivre avec tout le monde. Choi est donc très embêté et il essaie d’aider au maximum Hae-kang, en essayant de lui dire ses sentiments. Evidemment, Hae-kang est une parfaite morue sourde comme un pot sur ce coup-là.
Jinmu n’est pas un personnage très fouillé psychologiquement (en même temps, c’est pas fait pour), mais est très centré sur sa petite personne : au moindre signe qu’Hae-kang en pince pour lui, il devient insupportable. TRES LOGIQUE du point de vue du scénar, hein : une fille qui t’intéresse quand même un minimum est réceptive à tes charmes, tu lui casses les ovaires en lui demandant de façon très lourde si elle t’aime. Bref, au final Hae-kang finit avec *biiiiiiiiiiiip*, sans trop de fioritures, un peu à la Jane Austen (mais de très très loin, dans le brouillard et de nuit hein). Là, par contre, on va dire que ça m’a un peu étonnée dans le bon sens du terme, car ce n’est pas une fin qu’on voit souvent.

Très logiques aussi sont les motivations des ennemis : ils viennent pour couler le commerce d’Hae-kang en s’aidant d’une de ses anciennes camarades de classe en école de design, ils dépensent des millions pour monter leur bizness, ils utilisent des espions pour décrédibiliser le travail de l’autre partie, ils emploient des milliers de gens dans une fabrique secrète (le passage de l’équipée commando avec Hae-kang en pseudo-lara croft et Jinmu qui ne pige rien à rien est wtf) mais au premier revers de situation, leur réaction est « on se casse ». Ouais…. Euh. En même temps, ils se barrent à quelques pages de la fin, donc ouf, on est sauvés.

Sinon, le plus bizarre dans ce manga est sans doute la relation entre le frère de l’héroïne, Won, et l’impératrice -mis à part le fait que Hae-kang passe son frère à l’impératrice comme on donnerait à sa voisine de classe une chemise ou un stylo, étrange conception des relations familiales tout de même- qu’on voit assez souvent mise en scène. Dans tout le manga, elle va passer son temps à regarder la belle lingerie et surtout à essayer de coucher, coucher ou essayer de faire tomber amoureux d’elle le frère de l’héroïne. Et quand elle est frustrée parce que celui-ci ne veut pas faire crac-crac avec elle, de se tourner vers le premier casse-croûte venu, en échafaudant des stratégies pour faire tomber son véritable amour dans ses filets. Ouais, le coup de l’impératrice obsédée sexuelle, on me l’avait encore jamais faite *coche la case*. Des scènes surréalistes se succèdent dans le palace impérial, entre les stratégies d’éviction de la cour à deux balles mises au point par un concubin rival ou celles inventées par l’impératrice pour arriver à coucher avec notre pauvre héros, j’ai franchement cru halluciner….

Bref, Lingerie est un manga coréen pour filles.

Nan, jdéconne, y’en a plein de bien, des manga coréens pour filles, par exemple Palais qui est juste hyper méga classe et à lire absolument, dommage que son édition française soit si chaotique… Et stoppée par deux fois.
Lingerie ne sera quant à lui sans doute jamais édité chez nous et je pense que c’est tant mieux. Il est bien dessiné, l’action est typique d’un manga shojo, mais le fil est franchement trop décousu et ce qui s’y passe est tellement irréaliste que je ne pense pas qu’il trouvera son public. J’ai pris du plaisir à le lire, surtout à la découverte des idées les plus bizarres les unes que les autres mises au service de l’histoire de ce manga. Je n’ai rien fumé, promis.

PS : toutes les images illustrant ce post proviennent de Mangafox. Ce manhwa étant assez inconnu, il n’y pas beaucoup de sources.

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