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Puella magi madoka magica ou l’inquiétant taux de suicide des haricots verts en milieu aseptisé

2011 mai 2
by Tata Simone

J’ai vu la fin de la série, les épisodes 11 et 12, et je ne suis pas contente. Dans le genre pas contente du tout. Et vu que j’ai un blog où je peux déverser toute la haine que j’ai en moi, j’en profite et je déverse, donc. Parce que j’ai l’impression qu’on s’est foutu de ma gueule et ça j’aime pas du tout.
Alors je vais spoiler comme un goret, massacrer cet anime, lui sortir les tripes, parce que justement je n’ai pas eu le sang et la sueur que je voulais, donc je vais me consoler en écrasant ses organes à mains nues, en pateaugeant dans la bouillie informe que j’aurai fait avec le sang et en cassant les os. Et j’en jouirai comme une dingue, parce que j’en ai envie, j’en ai besoin, je veux ma VENGEANCE.

Madoka est à peu près un anime dont tout le monde a parlé ce printemps, moi y compris. Pas sur ce blog, mais sur twitter et à des amis, parce que le début de cet anime m’avait fait forte impression, par exemple l’épisode 3 et ses suites. Et là, je M’EN VEUX. parce que j’ai, directement ou indirectement, contribué à faire voir cet anime à des gens, que je l’ai conseillé, fait partie d’un buzz, été utilisée comme un vulgaire mouchoir en papier par les créateurs de cette série pourrie qui ont joué avec mon pauvre coeur en manque d’animes à voir et me l’ont massacré sans ménagement. Je dois reconnaître qu’ils ont bien fait leur boulot…
Je m’en veux d’avoir attendu la fin comme une abrutie ; comme, en fait, la moitié de la planète, pendue à ces sacro-saints épisodes, comme une mouche accrochée à de la merde bien fraîche. La seule chose qui m’a fait regarder ces épisodes en décalé est le fait que j’ai enfin réussi à retrouver un boulot jute avant la diffusion de ces épisodes, comme d’hab un boulot bien crevant qui m’a fait passer le sommeil et la nourriture en premier.

Parce que, finalement, Madoka aura chez moi le statut d’anime moyen. Ce qui est, en fait, pire que le statut d’anime hyper top ou tout bouseux : moyen, ça veut dire qu’on ne s’en souviendra pas, ou du moins que je ne m’en souviendrai pas, parce qu’au final je n’aurai ni adoré ni détesté. Madoka, pour moi, avait un potentiel tellement énorme que le dernier épisode contrebalance à lui tout seul le reste de la série, pour arriver dans la zone grise dépressive du rien, du vide, du néant, de la vacuité la plus absolue.

Car, il ne se passe rien dans Madoka. Rien, rien rien… En fait, on va me dire que si, parce que Madoka a changé les règles du monde, tout ça, avec son petit coeur plus gros qu’une maison. Certes, mais c’est d’un banal…
[mode rage : ON] Merde, j’ai payé pour avoir du sang, moi! Voir Kyubey qui exulte et boit le sang de Madoka ou Homura et se nourrit de leurs tripes, ou l’inverse, mais pas pour un truc gnangnan qui nous fait regretter d’avoir osé poser ses yeux dessus! Pas pour une fin où la ficelle est tellement grosse qu’elle est sniffable à 3 kilomètres à la ronde par un spectateur sachant à peu près réfléchir et qui a vu assez de Derrick dans sa vie pour réfléchir plus vite que lui!
Parce que ouais, pour moi Madoka c’est un peu le Derrick de l’anime : tu sais qu’elle va devenir une puella (bon, j’adore vraiment pas le latin, mais dans les animes, LOL) magi, tu sais même QUEL UNIFORME ROSE elle va avoir, ses pouvoirs, tout ça, puis qu’elle veut protéger le monde et finir le principe des witches parce qu’elle est tellement trop conne qu’elle ne veut rien et n’aime personne en particulier, mais tu dois attendre 11 EPISODES et des putains de massacrages de personnages secondaires plus charismatiques que l’héroïne pour que ça se produise réellement, pour donner… Que dalle. Tout ça pour un putain de twist scénaristique hyper éculé depuis Haruhi (et même depuis avant Haruhi en fait, même CCS a fait mieux, mais là je suis trop crevée pour aller chercher une référence dans mon cerveau et j’ai pas les idées en ordre). Parce que Madoka elle devient tout, puis en plus elle flotte dans l’espace, elle est trop forte, puis personne ne se souvient de Madoka, même pas ses parents, parce que les gens n’ont pas de cerveau. Un peu comme dans la réalité, en fait.[mode rage : OFF]

En fait, ma plus grande déception a été de voir qu’on ne propose rien d’original, de nouveau à l’intérieur du genre des magical girls et que Madoka a juste été une tentative de jouer avec les codes du genre, mais sans les remettre en question plus que ça au final. Kyubey a été une grande idée, mais ce personnage est largement sous-exploité et ne donne pas toute la force qu’on aurait pu attendre de l’alien. Il reste à l’écart des autres, il se démarque par un discours qui fait froid dans le dos genre « en fait vous êtes du bétail, j’en ai rien à battre, mais si vous pouviez vous entretuer, ça m’arrangerait », mais c’est tout. Homura, en se postant comme marchepied pour sa copine Madoka (qui n’en a rien à battre d’elle pendant 11 épisodes, hein) est à mon sens le seul personnage valable de la série, face à une Madoka quasiment absente et franchement à la limite de l’énervement.
L’histoire, un brin novatrice quand même, montrait de la magical girl sous un angle nouveau (enfin, pour moi, j’ai jamais accroché à ce genre, j’en suis restée à Doremi, Tutu et les vieilles pointures du genre… La honte). L’épisode 3 est comme une piqûre de rappel glaçante du malaise que j’ai eu en regardant l’épisode 1, face à une mascotte étrange (Kyubey) qui n’a pas de bouche et reste FIXE sur l’image comme un lampadaire dans le décor.
L’épisode 10 nous promettait un final grandiose, comme l’éclatement d’une bulle, une mue d’un vieux genre qui aurait besoin d’une nouvelle peau, plus grande, plus éclatante. Au final, il n’en a rien été, comme pour Tutu en somme, parce qu’on a préféré laisser parler le côté cache-sexe du « pour fille » rose et fédérateur. Le truc du « je veux sauver tout le monde » est un grand classique du genre, resservi jusqu’à l’imbouffable et c’est justement en voulant rester dans les crans du regardable que Madoka en devient indigeste. La série s’est tout simplement effondrée sur elle-même, comme un soufflé, en 1 épisode, STRIKE, BRAVO LES GARS. A la limite, Madoka a plus repoussé les limites du troll qu’autre chose. Vous me direz, c’est déjà ça….

Bref, je me sens flouée d’avoir participé à un truc qui n’a mené à rien, d’avoir fait de la promotion du vide et de l’inexistant. Madoka m’a toutefois servi de piqûre de rappel : je ne parlerai plus d’animes encore en cours, j’attendrai d’avoir la fin… Histoire de de pas raconter de conneries à des amis qui me font confiance pour éviter les animes pourris. Merde.

7 Responses leave one →
  1. Natth permalink
    mai 2, 2011

    Un anime auquel je n’ai pas du tout accroché. J’ai essayé de regarder l’épisode 3, qui devait être un tournant dans l’histoire selon certains avis. J’ai dû faire passer la moitié en avance rapide et j’ai eu l’impression de voir un épisode d’Happy Tree Friends là où j’aurais dû découvrir une tragédie. Donc voilà quoi…

    Madoka a changé les règles du monde, tout ça, avec son petit coeur plus gros qu’une maison >> Ca me fait penser au système du Pilier dans Magic Knight Rayearth. Mais même si la fin du manga est tout gentille, voire trop guimauve, les sauvetages mondiaux (oui, je crois me souvenir qu’il n’y a pas qu’un seul monde de concerné) se passent de façon différente.

  2. mai 2, 2011

    Eh ben, quel déferlement ^^.

    Personnellement j’avais prévu de regarder Madoka dès le début (avec Kajiura à la musique c’était évident) et je savais à quoi m’attendre, du coup l’épisode 3 ne m’a absolument pas choqué, il m’a juste conforté dans mon choix. Les diverses révélations qui ont suivies, je les ais trouvé intéressantes mais rien de bien traumatisant non plus vu que le secret des Soul Gem est un des principes philosophiques que j’admets (platonicisme, toussa). Et la fin, je m’en doutais un peu, est un essai maladroit pour concilier une happy end qui ferait plaisir aux fans et une fin plus sombre. Je dois donc faire partie des rares personnes à ne pas avoir été victime du succès de Madoka parce que j’ai eu ce que je voulais depuis le début, ni plus, ni moins.

    Je pense que ta critique et ton écœurement ne sont pas tant dirigés vers la série que vers le hype qui l’a entouré. Si les gens ne s’étaient pas autant montés le bourrichon en clamant que Madoka était un véritable chef d’œuvre qui allait révolutionner le genre, la déception aurait été bien moindre. Comme tu l’as si bien dit, il est stupide d’alimenter le buzz sur la base d’un seul épisode : Comment l’anime aurait-il pu satisfaire toutes les attentes de personnes complètement différentes ? C’est impossible !

    « Merde, j’ai payé pour avoir du sang, moi! Voir Kyubey qui exulte et boit le sang de Madoka ou Homura et se nourrit de leurs tripes, ou l’inverse » = Ahah, j’aurais bien voulu aussi (mais je savais que Shaft le ferait pas) XD.

    Si la destruction du genre Magical Girl t’intéresse je ne peux que te conseiller Majokko Tsukune-chan (qui est une variante parodique) ou, si tu as le coeur bien accroché, Alien Nine qui va bien plus loin que Madoka (même si les héroïnes n’ont pas vraiment de pouvoirs à proprement parlé). J’en ai fais des articles sur mon blog, donc si tu veux davantage d’informations, n’hésite pas ^^.

  3. mai 2, 2011

    Here comes the fanboy réac’

    Srsly. Je ne pense pas que Madoka soit le Happy Tree Friends des Magical Girls pour reprendre le commentaire plus haut. C’est spécifié nulle part que ça devait être une série avec une fin immonde qui rend le seau indispensable pour le visionnage du dernier épisode. Je dois admettre malgré tout que je n’ai pas accepté le final tout naturellement, mais ce n’est pas pour autant que je le qualifierais de foireux. C’est classique? Ouais, mais on reste devant un Magical Girl quoi. Madoka était avant tout une série qui s’amusait à se moquer des MG, et qui a pour son final décidé de se rapprocher du MG classique. Sans parler que la raison de la puissance de Madoka est sympa, pour une fois qu’elle ne vient pas de son père ou de son idéalisme.
    Et en ce qui concerne Kyubey, le final a été parfait. Ni teh evilz bad guy, ni rédemption, et aucune vengeance contre lui. Kyubey n’a pas de sentiments, il est là et on ne peut pas s’en débarrasser. Le fait qu’il soit le compagnon de Homura a la fin était une excellente chose, ça montre que même si c’était du hate material, on a pas eu droit à une vengeance deus ex machina contre lui.

  4. Pizza permalink
    mai 3, 2011

    C’est peut être assumé mais je trouve que tu vas quand un même un peu loin étant donné que tu n’a pas l’air d’avoir de vrais reproches à faire à cet anime, en dehors du fait qu’il ne correspond à ce à quoi tu t’attendais.

    Je pense qu’à aucun moment on a voulu faire de Puella Magi Madoka Magica une quelconque révolution du genre des magical girls, la fin en est d’ailleurs la preuve pour ceux qui en doutaient. Même si je n’y connait rien en magical girls, je vois ça plutôt comme une sorte d’hommage au genre, en essayant de faire quelque chose d’original qui joue avec les codes, c’est tout. Finalement Madoka c’est une sorte de « magical girl pour adulte », qui je pense s’adresse directement aux fans du genre. Genre qui , il ne faut pas l’oublier, est quand même destiné à être vu par un public de petites filles. Et personnellement j’ai trouvé ça très réussi.

  5. Momix permalink
    décembre 9, 2011

    Alors, ayant regardé cet anime il n’y a pas si longtemps, je vais y aller de ma contribution.

    Je rejoins un peu Tata Simone au niveau de sentiment que l’on a à la fin du dernier épisode. Cet anime est certes destiné à jouer avec les codes du Magical Girl, mais de manière particulière, sombre. Il se pose dès les premiers épisodes comme un OVNI du genre, tant en termes d’impression qui s’en dégage, qu’en terme d’empreinte visuelle. Il aurait certainement mieux que la fin qu’il a eu, qui est trop « molle » pour un anime qui réussit à mettre mal-à-l’aise assez longtemps.

    Mais contrairement à Tata Simone, j’ai vu la série d’un trait et je n’ai pas eu le sentiment de m’avoir fait enfler car je n’ai pas été tenu en haleine par chaque nouvel épisode.

    Perso, encore plus que le côté mou de la fin, ce que je n’ai pas aimé, c’est aussi cette volonté que les scénaristes ont, de vouloir à tout prix faire du lyrique, quitte à perdre tous sens des réalités. Je comparerais volontiers ceci aux différentes fins qu’on a pu avoir pour la séries des évangelion. En gros, du gros n’importe quoi, dont le but est de transcender l’humanité, les lois de la physiques, et la conception du monde. Pour moi, quand ça en arrive là, c’en est trop !

    Mais bon, globalement, je pense que la série vaut le détour comme étant une sorte de relecture pour adulte du Magical Girl, donc je rejoins Pizza là-dessus.

  6. Momix permalink
    décembre 9, 2011

    Au passage, j’ai quand même adoooooré lire ce post ! 🙂

  7. Tata Simone permalink
    décembre 9, 2011

    Héhé, merci :3 Ca a été un plaisir de l’écrire.

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