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Princess Tutu, le conte, Hoffmann et la musique classique

2011 février 10

Princess Tutu, la série qui tue, est de retour. Je ne l’ai toujours pas revue, donc je compte sur mes souvenirs pour me guider dans l’article. Si j’ai fait des erreurs, merci de me corriger. Pensez aussi à prendre de quoi boire et manger pendant l’article et faites des pauses, on ne sait jamais, je n’ai pas envie de me faire condamner pour homicide involontaire par article de blogue interposé :p.

Princess Tutu est un anime décidément complexe, aux multiples lectures et interprétations. Mon but, dans cet article, est d’en offrir une, qui ne siéra qu’aux personnes ayant déjà vu l’anime, puisqu’elle spoile pas mal. Mais si vous voulez rester pour lire la suite, à votre aise. Je ne dévoile pas grand-chose du déroulement de l’anime, juste de ce qui s’y passe :p (comment ça c’est pire?). Pi si vous n’êtes pas d’accord, il reste les commentaires ^^

Pour la suite de cet article, il est nécessaire de faire un petit rappel d’intrigue. Ahiru, jeune canard (on peut dire « cane » parce que c’est une fille), est attirée par Mytho, un jeune homme qui a l’air d’un prince mélancolique. Elle apprend ensuite qu’il n’a pas de coeur et décide de l’aider à lui rendre, mais en est bien incapable, puisqu’elle n’est qu’un canard! Apparaît alors un étrange monsieur, Drosselmeyer, qui lui promet de lui donner une apparence de jeune fille pour qu’elle puisse aider Mytho. De plus, un petit pendentif rouge permettrait à Ahiru de devenir Princess Tutu, qui a le pouvoir d’agir sur les morceaux de coeur du prince disséminés ça et là. Mais Ahiru, en acceptant l’offre de Drosselmeyer, ne peut pas dire qui elle est à Mytho, pas plus que lui avouer son amour, sinon elle meurt. Ahiru découvre ensuite petit à petit que Drosselmeyer est le nom d’un écrivain mort il y a longtemps, qui a laissé son dernier conte inachevé… Conte qui doit se terminer coûte que coûte. Et si elle -ou plus précisément Tutu- en était un personnage?

On pense à plusieurs contes de prime abord pour situer cet anime, quasiment tous d’Andersen. Le premier qui m’est venu à l’esprit est La Petite Sirène, par la nature du « pacte » entre Drosselmeyer et Ahiru, qui fait furieusement penser à celui entre la petite sirène et la sorcière, avec les mêmes effets et la même sanction (oui, dans le conte original, la petite sirène se transforme en écume si elle n’épouse pas le prince et le conte se finit très, très mal). Est ensuite venu le ballet le Lac des cygnes, à cause de la transformation canard/humaine. Enfin, le conte Le Vilain petit canard (toujours Andersen), par l’aspect transformation en Princess Tutu, car elle évoque un cygne. Pour moi, le conte/ballet le Lac des cygnes vient après La petite sirène car j’estime qu’il en reprend plus d’éléments, notamment le pacte cruel. D’ailleurs je n’aime pas La petite sirène à cause de ça, je trouve qu’Andersen est un connard cruel, car il fait souvent le coup, notamment avec La petite fille aux allumettes. Je préfère largement les contes de Grimm, plus vivants :3

Puis, rapidement, j’ai pensé à Coppélia/le Marchand de sable d’Hoffmann, un conte de son recueil Contes nocturnes. Pourquoi? A cause du thème de la poupée, de l’illusion, du fantastique et du mensonge présent dans ce conte et dans l’anime. Hoffmann et son conte L’homme au sable a inspiré pas mal d’artistes à sa suite, notamment Léo Delibes avec le ballet Coppélia (qui aurait inspiré Tchaïkovsky pour le ballet du Lac des Cygnes… gagaaa @_@) et Offenbach avec son opéra Les Contes d’Hoffmann (L’homme au sable est conté dans la 2ème partie) et puis… Neil Gaiman (OWI) pour son comics The Sandman. Hoffmann aurait par ailleurs inspiré Andersen pour ses contes, dont ceux cités au-dessus car il a grandement influencé le mouvement romantique qui se développait à l’époque. Rapidement aussi, j’ai pensé à Casse-noisettes de Tchaïkovsky, ballet lui aussi inspiré d’une histoire du recueil Contes nocturnes, pour l’intrigue de Princess Tutu.

L’homme au sable dépeint l’attirance/répulsion du narrateur, Nathanael, pour Coppelius, homme dont il a peur (le fameux « homme au sable ») et qu’il rend responsable de la mort de son père quand il était enfant. La description du personnage dans le conte correspond d’ailleurs parfaitement à celle du personnage de Drosselmeyer dans l’anime : « Picture to yourself a large broad-shouldered man, with an immensely big head, a face the colour of yellow-ochre, grey bushy eyebrows, from beneath which two piercing, greenish, cat-like eyes glittered, and a prominent Roman nose hanging over his upper lip. His distorted mouth was often screwed up into a malicious smile; then two dark-red spots appeared on his cheeks, and a strange hissing noise proceeded from between his tightly clenched teeth. » (je n’ai pas trouvé de traduction française facilement accessible, la traduction anglaise du conte est dispo par là). Coppélius est un homme dérangé, qui essaie en vain d’utiliser le garçon et prendre ses yeux pour ses funestes expériences de marionnettes… Je vous laisse imaginer le personnage, cruel et gothique, dans le sens romantique du terme. Des années plus tard, il rencontre un certain Giuseppe Coppola, qui vend des lentilles et lunettes, qu’il estime être le « sandman », l’homme au sable qui a tué son père. Il décide de rendre visite à un de ses amis, le professeur Spalanzani, et découvre une jeune femme, Olimpia, assise sur une chaise. Il en tombe amoureux, au point d’en oublier sa fiancée Clara. Quand il se rend compte qu’Olimpia n’est qu’une poupée, il devient fou… Grand traumatisme de ma jeunesse, L’homme au sable et son obssession pour les yeux (qui sont la vitrine de l’âme, comme le dit le philosophe) m’a vraiment foutu la frousse et je ne peux relire ce conte sans avoir un arrière-goût métallique en bouche.

Hoffmann a aussi écrit Casse-noisette et le roi des souris, conte qui a inspiré le célèbre Casse-Noisettes de Tchaïkovsky. Casse-noisette, au lieu d’être sombre et tourmenté comme L’homme au sable, est au contraire féérique et optimiste, malgré les points de ressemblance entre les deux contes.
Au cours d’une soirée de noël, rassemblant une famille et leurs deux enfants, Marie et Fritz, un homme appelé Drosselmeyer arrive soudain pour distribuer des cadeaux aux enfants, dont un sublime casse-noisettes. Sa description, suivant la traduction de Dumas, correspond aussi un peu à celle de Drosselmeyer dans l’anime : « Parrain Drosselmayer, conseiller de médecine, n’était pas un joli garçon le moins du monde, tant s’en faut. C’était un grand homme sec, de cinq pieds huit pouces, qui se tenait fort voûté, ce qui faisait que, malgré ses longues jambes, il pouvait ramasser son mouchoir, s’il tombait à terre, presque sans se baisser. Il avait le visage ridé comme une pomme de reinette sur laquelle a passé la gelée d’avril. À la place de son œil droit était un grand emplâtre noir ; il était parfaitement chauve, inconvénient auquel il parait en portant une perruque gazonnante et frisée, qui était un fort ingénieux morceau de sa composition fait en verre filé. » Marie, l’héroïne, reçoit un beau casse-noisettes, mais son frère Fritz le casse (pour ceux qui ont écouté le ballet, c’est le moment du gros « pan » au début).
Le soir, elle fait coucher son casse-noisettes dans sa chambre. Aux douze coups de minuit sa chambre se fait envahir par les souris, suivies par le roi des souris, qui veut battre une fois pour toutes Casse-noisette, le casse-noisettes qui pour l’occasion se transforme en un beau jeune homme plein de fougue et d’ardeur (need yaoi plz lol). Ils se battent car en sauvant la princesse du royaume des poupées, Casse-noisette a tué la mère du roi des souris. On apprend ensuite l’histoire de Casse-noisette, qui a pour vrai nom Nathaniel Drosselmeyer et est cousin du parrain Drosselmeyer. Nathaniel était le seul à pouvoir casser la noisette qui maintient la princesse du royaume des poupées sous un enchantement la rendant hideuse, causé par la reine des souris….

Que vient faire Princess Tutu dans tout cela?

Déjà, par les noms des épisodes, faisant entre autres directement référence aux contes, opéras et personnages imaginés ou inspirés par Hoffmann.

Les personnages ensuite. Drosselmeyer est visiblement repris du personnage figurant dans Casse-noisette, mais si le Drosselmeyer de Casse-noisette est plutôt bienveillant et cherche à aider Marie pour qu’elle termine le conte, celui de Princess Tutu fait plus penser au Coppélius de l’Homme au sable, son pendant maléfique… La disparition puis la réapparition du Drosselmeyer dans Princess Tutu fait penser à celle de Coppélius, qui disparaît puis revient pour tenter de finir son oeuvre : dans un des cas sa poupée, dans l’autre le conte.

Le thème de la poupée mécanique est aussi abondamment utilisé dans Princess Tutu, faisant référence à Coppelia/Olimpia. De façon directe, comme par exemple via les personnages d’Edel, automate dotée de parole qui guide Ahiru vers son destin, ou Uzura, automate (2ème partie) qui ne sait dire que peu de paroles, mais qui participe plus activement au dénouement de l’anime dans sa propre quête de l’amour.
Le thème de la poupée est aussi abordé de façon symbolique. Ruhe/ Krähe, manipulée par son « père » le Roi Corbeau, est un personnage faisant penser à la fois au cygne noir du ballet le Lac des cygnes, mais de façon ironique, et à la pauvre Olimpia/Coppélia, tant elle se fait utiliser à la fois par Drosselmeyer et son « père » corbeau qui la manipule, en lui cachant son passé. Tout comme Ahiru sous Princess Tutu, manipulée par Drosselmeyer sans le savoir, qui ne peut dire ce qu’elle veut et devient dans l’épisode 23 une poupée sans parole, coincée au milieu du conte par son auteur. Mais on peut penser cela de quasiment tous les personnages principaux, dindons de la farce qui se joue derrière eux mais dont ils voient les conséquences au quotidien. Mytho, Ruhe et Fakir dansent, de façon propre comme figurée tels des poupées (ils sont les trois meilleurs danseurs de l’école de danse), des marionnettes mécaniquement assemblées et dirigées, vers leur destin qu’ils ne peuvent éviter… Ahiru ne danse pas comme les autres, mais Princess Tutu, incarnation « parfaite » du petit canard, danse aussi parfaitement, mécaniquement, et amène lentement tous les autres personnages au désastre. Le fait qu’Ahiru danse en scène finale (ouaaaah le spoil, l’autre eh) sous sa forme de canard en laissant transpirer ses émotions, une caractéristique humaine et inimitable par une machine, même parfaite, brise la mécanique du conte.

Dans plusieurs épisodes, dont l’épisode 23, nous pouvons voir les rouages du conte, qui font aussi penser à une horloge. Dans les contes d’Hoffmann, la mécanique (horlogère) est importante, que ce soit dans L’homme au sable ou Casse-noisette. Dans Casse-Noisette, la grande horloge de la chambre de Marie est au début du récit dirigée par Drosselmeyer. Il en actionne les aiguilles pour faire sonner minuit, permettant à la mécanique du conte de Casse-noisette de commencer. Le thème de l’horloge est repris également lors des apparitions de Drosselmeyer version anime, qu’on voit souvent accompagné d’une grosse horloge (du genre ancienne et à balancier) à sa taille, dont il sort et entre pour apparaître ou disparaître physiquement. Ses apparitions « fondues » dans le décor font aussi appel à un balancier d’horloge, qui rythme ses interventions. C’est, tout comme je le disais plus haut, une référence directe à Casse-noisettes, puisque le Drosselmeyer de ce conte est avant tout un horloger et répare les horloges de la maison familiale de la petite Marie.
J’allais aussi oublier la tour de l’horloge qui rythme l’anime par sa mélodie mécanique faisant penser à une berceuse que l’on fait écouter aux enfants avant de s’endormir. Elle n’est pas un personnage à proprement parler, mais prend une importance particulière au fur et à mesure du déroulement de l’anime, dont on voit les rouages.
Les rouages font aussi penser aux automates dont Coppélius et Drosselmeyer de Casse-noisette raffolent et qui en font de très ressemblants aux humains, dans le but d’atteindre la perfection : l’humain animé et vivant, la poupée idéale, manipulable à volonté, qui fait uniquement ce qu’on lui demande.

Mais malgré tout l’apport de L’homme au sable, Princess Tutu fait plus penser à Casse Noisette pour le côté féérique de son histoire. Le prince Mytho, le chevalir Fakir, Ruhe en princesse corbeau rivale d’Ahiru en cygne, font penser aux petits personnages qui animent ce conte et le ballet par la diversité des situations. L’histoire de malédiction emprunte par contre aux contes d’Andersen, admirateur de Hoffmann comme on l’a vu précédemment. Le double niveau de compréhension de Casse-noisette entre les personnages réels et les personnages qui s’animent la nuit se retrouve aussi dans Princess Tutu, avec les diverses transformations que subissent les personnages. Ahiru en est le plus éclatant exemple, avec sa transformation de canard en cygne, qui double sa transformation magical-girl-esque de fille en Princess Tutu.

Pour finir, je ne sais pas si c’est un clin d’oeil, mais le fait que Drosselmeyer version anime meure avant la fin de son oeuvre fait penser à Offenbach, qui a créé l’opéra Les Contes d’Hoffmann. Il ne put malheureusement pas le finir puis qu’il décède bien avant l’achèvement de l’oeuvre, continuée ensuite par Ernest Guiraud. L’opéra Les contes d’Hoffmann reprend le conte de L’homme au sable, sous le nom Olympia…. Hum.

Il y aurait encore des tonnes de choses à dire sur cet anime… Hoffmann m’a paru l’angle d’attaque le plus facile pour moi car j’ai pu lire un de ses contes qui m’a suffisamment marquée pour que je m’en souvienne. Je l »ai retrouvé dans l’anime, intriguée par les titres des épisodes et les musiques jouées. Je suis sûre que je n’ai pas creusé tout ce qu’il y avait à creuser pour en extraire la substantifique moëlle ; je n’ai même pas parlé de la signification des noms des personnages, my bad.

PS : J’espère aussi que cet article ne tombe pas trop à côté de la plaque 😡

PPS : merci à Patchouli pour m’avoir posé le nez sur Offenbach, je serais passée devant une info utile :3

9 Responses leave one →
  1. février 10, 2011

    les jury sont des idiots s’ils nomment pas cet article vainqueur du sama award \o/
    sinon çà manque de noms & prénoms (pour un meilleur référencement) et de liens vers des ressources car autant je connaissais The Sandman je ne savais pas qui l’avait écrit, j’ai toujours pensé que casse noisette était une invention de Tchaikovsky.
    j’ai appris des choses ce matin.

  2. février 10, 2011

    Ta chronique me donne envie de découvrir cet anime, dont on m’a déjà pas mal parlé.
    S’agissant des contes d’Hoffmann, quelques précisions : l’opéra d’Offenbach s’éloigne quand même pas mal de l’oeuvre originale.

    En fait, l’opéra prend Hoffmann comme personnage, et les contes sont des histoires qu’il raconte sous l’emprise de l’alcool à un auditoire qui se fiche de lui. Hoffmann y est l’incarnation du poète maudit, qui rate toutes ses histoires d’amour, et qui ne trouve le réconfort que dans l’alcool ou l’écriture.

    Au début (acte 1), il tente de séduire Stella, une célèbre cantatrice, mais sans succès : il est pauvre, et son rical est le conseiller d’Etat Lindorff, qui est riche et a de puissantes relations. Dupé, Hoffmann se retrouve seul, et va boire à la taverne. Il est accompagné par son ami l’étudiant Nicklausse, qui essaie de le raisonner. Hoffmann se met à raconter ses déconvenues amoureuses, et improvise trois contes, où chaque fois il tente de séduire une femme, mais se trouve contrarié par un rival maléfique. Il s’agit des histoires :
    acte 2- d’Olympia (la poupée) et de Coppélius ;
    acte 3- d’Antonia (la jeune fille malade) et du Dr Miracle ;
    acte 4- de Giuletta (la courtisane) et de Dappertutto.
    Bien sûr, Olympia/Antonia/Giuletta sont trois métaphores de la femme idéale dont Hoffmann est amoureux : Stella la cantatrice. Et Coppélius/Miracle/Dapertutto sont des avatars de Lindorff, son rival.

    au 5e et dernier acte, Hoffmann se retrouve seul, Stella s’en va avec Lindorff. Reste Nicklausse, qui révèle sa véritable identité : sous l’apparence d’un jeune étudiant, c’est la Muse qui était toujours à ses côtés, qui le console et lui apporte le véritable amour : celui de l’art. c’est limite Yaoi la fin, non?

    En fait, Hoffmann, oeuvre inachevée d’Offenbach, est un opéra complexe et passionnant, avec plusieurs « opéras » dans l’opéra. Offenbach, juif alsacien, méprisé de l’intelligentsia (qui préfère Wagner), était cantonné dans la composition d’opérettes pour le grand public. A la fin de sa vie, il se lance dans ce projet d’opéra adapté des Contes d’Hoffmann, donc à la source du romantisme allemand (pour damer le pion aux wagnériens?), afin de prouver à tous qu’il est réellement un grand compositeur. Il meurt avant de l’avoir achevé : la structure, le livret, la musique étaient prêts (dans une version piano) mais pas l’orchestration.

    Si tu as l’occasion de voir les Contes d’Hoffmann quelque part, ou de le louer en DVD, cours ! c’est fascinant. mémorable. carrément inoubiable.

  3. Tata Simone permalink
    février 10, 2011

    😮 Merci Rukawa et Mackie, surtout pour les précisions sur Olympia/Olimpia (l’orthographe en I me fait toujours penser à du liquide pour les mains…). Je n’ai pas fait plus de précisions sur l’adaptation d’Offenbach, mais c’est vrai que ça a l’air d’être très librement inspiré du conte original. Mais puisque je n’ai pas vu l’opéra… hihi. Donc le mec qui rigole dans un coin à un moment de la vidéo d’Olympia qui chante serait Offenbach. Intéressant… :p

  4. février 10, 2011

    si me donnes le nom (ou le lien) de ta vidéo, je pourrais vérifier qui est le « ricaneur ». si on s’en tient à l’histoire, il s’agirait de Coppélius (aka Lindorff), qui rit du tour joué à Hoffmann ; ou alors c’est Hoffmann qui rit de sa propre condition de looser. En fait, il y a plein de mises en scènes possibles à une telle oeuvre.

    sinon, il est évident qu’on composant son oeuvre-testament, Offenbach se projetait en Hoffmann.

  5. Tata Simone permalink
    février 10, 2011

    Le Nathaniel de L’homme au sable était un loser lui aussi.

  6. Gemini permalink
    février 10, 2011

    Cela me donne surtout envie de voir Black Swan (mais c’était déjà prévu).

  7. février 11, 2011

    Je dois être bête mais j’ai beau avoir lu « Der Sandmann » et parcouru ton analyse, je ne vois toujours pas trop bien le rapport avec Princesse Tutu. Une série qu’il me faudrait vraiment revoir parce que je me souviens avoir vu des références plus simples lors de certains épisodes (peut-être un Hansel & Gretel).

    Pour le décortication du conte de fée, Ludwig Revolution me paraît bien plus simple à aborder mais personne ne s’y est encore risqué. C’est surtout un parallèle entre Tutu et Utena qui m’intriguerait sinon. J’étais d’ailleurs persuadé que les deux projets sortaient de la même boîte mais non.

  8. Tata Simone permalink
    février 11, 2011

    Pour te répondre, Sirius, je dois avouer que la partie manquante à mon « analyse », relevée par Drig, est finalement plus importante que prévu. Je veux parler de Edel, Uzura et la tour de l’horloge. Moi, comme une andouille, j’étais déjà parvenue à l’aspect symbolique du conte de L’homme au sable et Casse-Noisette, en sautant une étape fondamentale. Je vais donc penser à me faire proofreader avant publication et dans la foulée je vais éditer mon article.

    Ludwig Revolution…. Je ne sais pas, je n’ai pas aimé cette adaptation, que je trouve sans charme et à la lecture malaisée.
    Mais pour moi Princess Tutu n’est pas dans la décortication pure et simple du conte de fée, mais plutôt une réinterprétation de thèmes fondateurs sans grandement remettre en question leur origine, mais leur dénouement. Pas à la manière Utena par exemple, qui met à nu les artifices du conte à princesse et s’en repaît pour finalement délaisser le cadavre pourrissant. La tragédie qui respecte tous les codes de la tragédie et qui finit bien, par un deus ex machina, ça remonte tout de même à l’époque antique! Sans remettre en question le genre, d’ailleurs….

  9. février 13, 2011

    Ludwig Revolution n’est qu’une parodie, je ne vois pas ce qu’on pourrait dire de plus que « oh regardez elle parodie tel truc ! » dessus, là où il y a vraiment quelque chose à creuser dans Tutu et dans Utena (en tout cas c’est mon point de vue :p)

    Sinon c’est assez intéressant que tu aies décidé d’analyser la série par ce point de départ là. On doit pouvoir l’attaquer via bien d’autres histoires (Le lac des cygnes évidemment) même si la plupart du temps les parallèles sont très ponctuels et le temps d’un épisode. Je ne connaissais pas du tout le casse-noisette, à part l’intrigue de base bien sûr, du coup j’ai appris pleins de trucs en lisant ton article :p

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