Skip to content

Eensy weensy monster

2011 janvier 12
by Tata Simone

Eensy weensy monster est un manga dessiné par Masami Tsuda, l’auteur reconnue de Kareshi kanojo no jijyo, ou Karekano (Elle et Lui en français), paru l’année dernière et passé relativement inaperçu dans la masse de titres de l’époque. Pourtant, ce petit manga sans prétention, fini en 2 tomes, alors que l’auteur nous avait habitués à des séries longues, mérite un peu d’attention (que diable!) malgré un nom bizarre. Le nom de Tsuda étant une très bonne excuse pour lire n’importe quoi venant d’elle depuis Karekano que j’ai adoré, je me suis jetée à corps perdu (nyaaaaan) dans cette histoire de namûr et du coup sur ces pauvres manga apeurés qui m’attendaient chez le libraire.

L’histoire de EWM (on va l’appeler comme ça maintenant, ou sinon je ne vais jamais en finir) est très banale et commence tout naturellement par nous présenter Nanoha, une pétillante jeune fille toute mignonne, tout à fait normale mais qui a deux petits problèmes : entourée de deux amies super belles, Nobara la métisse franco-japonaise et Rengué la surdouée, deux filles super intelligentes, super vachement bien, elle est banale. Tellement banale que personne, pas même ses profs ne se souviennent de son prénom en classe. Pour tout dire, Nanoha se sent un peu transparente à côté de ses amies, mais elle ne peut pas test.
Malgré tout, Nanoha coule des jours heureux au lycée avec ses deux copines. Son deuxième problème, plus embêtant pour elle par contre, est qu’elle a un « petit monstre » qui sommeille en elle et qui se réveille quand une situation lui est déplaisante.

C’est à cette occasion qu’elle va rencontrer le Prince Charmant Lambda, Hazuki Tokiwa. Car Nanoha déteste les Princes Charmants Lambda, si superficiels et elle le fera savoir à Hazuki de façon assez… violente, en lui disant clairement ce qu’elle pense de lui.
Cependant, Prince Charmant Lambda, après s’être aperçu qu’en fait il se faisait rouler dans la farine tous les jours par son statut de « bôgoss-égoïste que tout le monde admire mais que personne ne veut être son ami » (aka, Prince Charmant Lambda ou Rémi sans famille pour les connaisseurs), décide de virer sa cuti et de devenir normal. En plus, comme de par hasard, il va commencer à se dire que Nanoha, la fille qui a singulièrement modifié son orgueil et de si vile façon en lui gueulant ses 4 vérités, n’est pas la vipère qu’il croyait mais qu’elle peut aussi être mignonne et tout à fait adorable, normale quoi. A partir de là, je pense que vous aurez compris la tournure des évènements, pas la peine d’en rajouter une couche.

Mais diantre (oulà, la fréquentation des Princes Charmants Lambda est assez corrosive pour le cerveau), serais-je tombé dans la plus basse et la plus vile des perversions humaines, c’est-à-dire admirer de pâles ersatz d’histoires d’amour falottes et stupides? Non, car je ne suis pas Lio tout de même (private joke.). On parle d’un manga de Masami Tsuda tout de même. A cet égard, le résultat en deux volumes est tout à fait charmant et assez jouissif. Déjà, l’histoire, gaie et simple, est vraiment très sympathique : l’auteur dit elle-même qu’elle ne s’est pas foulée pour la faire, mais qu’elle a pris son temps.
Que Tsuda ait pris son temps, ça se voit : les évènements avancent doucement et on peut savourer tranquillement cette petite tranche de vie étalée sur une année comme un bon thé bien préparé. C’est une bonne histoire sans surprise qui fait du bien, que ce soit dans les transports ou avachi sur son lit avant de dormir.

Les personnages qui font ce manga sont tout à fait charmants et merveilleux dans les diverses situations mises en scène, de par leurs destinées stéréotypées (le grand frère viril, la fille parfaite, la japonaise traditionnelle, etc). C’est un fait totalement assumé par la mangaka, mais elle les détourne à la façon Tsuda, déjà observé dans Karekano. Elle leur donne des centres d’intérêts et leurs attitudes différentes de ce qu’ils paraissent en façade (la fille canon qui adore les travaux manuels, le grand frère viril qui boude quand sa petite soeur lui crie dessus, etc) et leur attribue de petites situations dramatiques assez sympathiques, ce qui rend le récit papillonnant de légèreté. Fait rare, j’ai aimé le personnage de Nanoha, car il est très drôle : en voulant devenir la petite Japonaise parfaite, Nanoha va au contraire donner naissance à son petit monstre intérieur, qui en faisant dire à Nanoha des choses inavouables la rend incapable de devenir ce qu’elle désire. Ce genre de caractère est rare dans un shojo manga, ce qui rend cette histoire d’autant plus précieuse.
Les dialogues sont sympas et amusants, avec des remarques rigolotes et quelquefois acerbes dans le pur style de la mangaka. Un bonheur pour qui a lu chaque bulle de Karekano.

De plus, l’auteur s’amuse à reprendre les codes du shojo pour s’en moquer et les détourner : les titres de début de chapitres sont par exemple choisis pile-poil pour décrire l’action de ce qui va suivre de façon ironique (exemple : « 1er pas : décembre, ils ne se sont pas encore rencontrés »). Le découpage de l’action mois par mois permet de séquencer l’avancée quasi-mécanique, prévisible de par son statut de manga d’amour, de l’action entre nos deux tourtereaux.
De plus, l’auteur s’amuse dans des petits intermèdes en « voix off » pour glisser de petits commentaires gentiment ironiques, ce qui rajoute encore de la fraîcheur et de la profondeur à cette histoire. Le titre lui-même d’ailleurs ne fait pas sérieux, utilisant un vocabulaire anglais enfantin, faisant directement référence aux contes pour enfants avec dedans des monstres pas vraiment méchants.

Le dessin lui est quasiment identique à ce que l’on peut trouver à la fin de karekano, garantissant des instants de choupitude hyper intenses quand l’auteure s’arrête par exemple sur le visage mignon de Nanoha.

Bref, j’ai adoré cette histoire, pas compliquée du tout, drôle et bien ficelée et de facture plus complexe qu’il n’y paraît sur une simple lecture. Les instants de honte dans le RER sont aussi priceless vu la couverture à fleufleurs violettes de Tonkam, ça fait pas très crédible. Mais si vous aimez le style « tranche de vie » de Masami Tsuda, vous ne serez pas déçus, c’est une très bonne mini-série et un bon rapport qualité phéromones-prix.

2 Responses leave one →
  1. janvier 13, 2011

    Hé, tu sais que tu me donnerais envie de lire ce genre d’histoire, toi, à force ?
    Sinon, pour la honte dans le RER, j’ai des solutions :
    1- planquer ton manga dans le dernier numéro de Technikart. C’est pas que ce soit mieux, mais il y a encore des gens que ça impressionne.
    2- te cosplayer chaque jour. tu te payes toujours la honte, mais au moinsle manga passe inaperçu.
    3- aller en voiture. le manga sur les genoux quand tu conduis, j’ai testé c’est faisable. je veux dire, dans les embouteillages. d’ailleurs, à ces moments, faut plusieurs volumes d’avance.
    4- déménager. changer de boulot. t’installer en province. Là où j’habite, personne ne rit quand je marche en lisant un manga. Ils se contentent de détourner le regard en se frappant le front.

    si tu veux, je réfléchis à d’autres idées constructives.

  2. Tata Simone permalink
    janvier 13, 2011

    Oh, héhé 😮

    Sinon, pour éviter de se taper la honte, j’aurais aussi pu ne pas l’emmener et prendre à la place mon dernier Ashita no Joe, tout de suite c’est plus la classe :3 Parce que :
    1- Non je ne lis pas Tekmachin, parce que voilà.
    2- 1 cosplay par jour, c’est pas possible, j’ai pas de machine à coudre ^^
    3- je n’ai pas de voiture. Pi conduire en regardant autre chose, c’est dangereux, j’ai failli flinguer un moteur comme ça.
    4- je suis montée sur Paris justement pour travailler :3

Leave a Reply

Note: You can use basic XHTML in your comments. Your email address will never be published.

Subscribe to this comment feed via RSS