Princess Tutu

Posted May 5th, 2010 by Tata Simone

Avant de commencer la critique, je préviens que celle-ci sera assez longue pour essayer d’englober à peu près tout ce qui se passe dans la série (ok, sans déconner, je n’y arriverai pas x3). J’ai donc décidé d’écrire plusieurs articles après m’être rendu compte que j’avais écrit un pavé rien que pour décrire la jaquette. Bref, voilà la première partie, j’écrirai le reste je ne sais pas trop quand, il faut que je revoie la série en entier. La suite de cet article ne sera donc pas pour tout de suite ^^”

Je n’aurais jamais pensé quand j’ai commencé ce blogue et ce même en rêve, de faire un article avec une princesse et un tutu dedans. Et encore moins en faire mon titre. Parce que mon blogue a pour fonction de promouvoir des mangasses et animesses pas niais pour filles, espèce assez rare et apparemment pas trop mise en avant dans nos vertes contrées tellement le mangasse et animesse de filles neuneu est prédominant. C’est d’ailleurs une situation un peu préoccupante : le shojo a la cote parce que les éditeurs se sont aperçus que le public féminin est devenu valable pour se faire des sousous, mais on se coltine toujours des manga et anime un peu niais et sans saveur. Ce n’est pas la production yaoi (un secteur que je connais un peu mieux :D ) qui relève le niveau, loin de là : sortir les manga et OAV de No Money est une démarche commerciale qui a une certaine validité, mais du point de vue éthique c’est pas trop ça (shota…), sans parler de la myriade de one-shots débiles qu’on ne regretterait pas si ils n’étaient jamais sortis.

J’essaie de faire un peu la part des choses en faisant avec mon côté fangirl qui me commande d’acheter tout le yaoi qui passe, mais critiquer positivement un manga pourri, je ne peux pas.

Donc, si je parle d’un tutu et d’une princesse sans me moquer grassement, rassurez-vous, point de neuneutisme délibéré de ma part ni de lobotomie réussie à l’horizon. Et le premier qui rigole à cause du titre, je lui tape dessus avec une massue à clous rouillés après lui avoir expliqué qu’il a raison.
C’est vrai, le titre n’est pas franchement vendeur et ne donne pas envie de voir la suite, c’est d’ailleurs la raison principale qui m’a gardé de voir cette série pendant plusieurs années. Le mot “tutu”, pour moi qui ai fait de la danse classique comme j’ai pu pendant trop longtemps, est synonyme d’anime très casse-gueule où on prend un tutu pour un justaucorps (et inversement) et où l’héroïne sue son sang à grosses gouttes pendant 20h de manière virile et finit à l’hôpital pour fracture du bassin parce que son coach n’est pas satisfait de son grand jeté qui n’est pas aussi plat qu’il le devrait (vous avez lu Subaru?). A son tour, le mot “Princess” évoque pour moi un truc vaguement guimauve avec dentelle moche, cheveux au vent, sourire Scotch-brite et roses de fond façon Très cher frère avec une histoire à dormir debout pas du tout crédible (attention, celle de Très cher frère déchire tout. Lisez ce manga. Il faut juste faire attention aux roses de fond, elles sont traîtres.).

Deuxième désavantage : les couvertures. Ouais, ça fait culcul, façon Doremi, avec de belles couleurs layette qui vous fait un peu passer pour un lolicon qui fait des achats graveleux (si vous êtes un garçon) ou une attardée mentale (si vous êtes une fille). Elles sont mieux que celles de Dragon Ball, c’est déjà bien. Mais bon, l’image de la série est un peu plus écornée par les jaquettes qui ne donnent pas du tout envie.

Bref, les deux ensembles devaient forcément finir par faire un gros clash en très moche version layette, très guimauve et très sudoripare : eh bien non. Princess Tutu, c’est tout simplement, pour reprendre les paroles de quelqu’un que je connais, un anime qui tue. On pourrait aussi, comme je le fais depuis le début de l’article, multiplier les qualifiquatifs élogieux : génial, merveilleux, puissant, inspiré, intelligent, drôle, poétique, mignon, dramatique, plein de plumes, touchant, magnifique, mais je n’en ferai rien (comment ça, c’est déjà fait? Ah ben tant pis :x ).

7 Responses to “Princess Tutu”

  1. Katua

    Le design hideux fait d’autant plus mal que les autres éditions ne sont pas du tout dans ces tons là. L’américaine surtout, est carrément malsaine… Comparé avec l’édition française, il y a de quoi pleurer, avec le résumé derrière qui enfonce le clou. Je refuse de croire que le type qui l’a écrit a vu ne serait-ce que le premier épisode, c’est juste pas possible O_O

  2. Natth

    Voilà une entrée en matière qu’elle est bien ^^

    Pour le shôjo, on se coltine surtout des romances lycéennes cruchasses car le reste ne se vend malheureusement pas, à quelques exceptions près (Clamp par exemple). Pourtant, il y a eu des essais et il y en a encore (Banana Fish, Seven Seeds, Basara, Princesse Kaguya…). A ce sujet, je noterais les louables efforts d’Akata de proposer du shôjo-sabre (Corps et âme, qui pour le même prix t’explique la fin de l’ère Edo), le shôjo-thriller (L’empreinte du mal), le shôjo-yôkai (Onmyouji, qui était shôjo à l’origine, et Le pacte de Yôkai) ou le shôjo-qui-tache intelligent (Nana, hélas en hiathus, ou peut-être une série comme A fleur de peau). Pour le shôjo-serial killer, je lis aussi The Top Secret, chez Tonkam. On pourrait ajouter que Soleil veut lancer ce qu’il appelle du shôjo-seinen, qui se rapproche un peu d’une série comme Tactics, à mon avis. Akata dit aussi vouloir persister dans le shôjo qui se détache des clichés du genre. Mais on est encore trèèèèès loin de l’égalité avec le shôjo-neuneu. On pourrait faire le même constat pour le BL, sauf que je ne suis même pas sûre que des titres plus originaux ne se vendraient pas, vu la mode actuelle (qui ne durera peut-être pas, surtout s’ils sortent trop de daubes) entourant le yaoi.

    Une des solutions pour que le shôjo ne soit plus handicapé par son image de romance guimauve serait peut-être de virer les appellations japonaises (tant pis si les weaboos couinent, de toute façon ils couinent tout le temps). On pourrait reclasser les titres en fantastique, policier, sf… Mots beaucoup plus parlants et représentatifs que le terme “shôjo” pour pas mal de mangas. Après tout, une bonne partie du public ne connaît pas le sens exact de cette classification, systématiquement liée au mag de prépub japonais. Ces magazines ne sont même pas publiés en France, alors pourquoi conserver ce vocabulaire ‘__’ ?

    Pour Princess Tutu, j’ai bien peur que la série n’ait pas été suffisamment mise en valeur. Avec une plus grande implication de l’éditeur, je pense qu’il y avait moyen de vendre le côté adulte de ce titre, qui reste aussi accessible à un public plus jeune. Un spectacle familial au sens noble du terme, en quelque sorte.

  3. Tetho

    Malgré toutes les critique qui louent, à juste raison, les nombreuses qualités de la série et ses multiples niveaux de lecture, il ne faut pas oublier qu’a l’instar d’un Dennô Coil Princess Tutu reste avant tout une série de Magical Girl destinée aux plus jeune (la série a été diffusée le vendredi à 7H30). Le titre en est la meilleure preuve.
    Dans ce sens les jaquettes françaises, même si elles perdent le coté “conte” des jaquettes jpn, sont parfaitement adaptées et les jaquettes sombres US sont justes à coté de la plaque à tenter de faire passer la série pour ce qu’elle n’est pas. La vraie erreur dans l’exploitation de la série en France est simplement l’absence de VF (promise pourtant par DI depuis l’annonce de l’acquisition) qui a simplement coupée la série de son public premier (et j’ose pas imaginer ce qu’une diffusion TV dans une émission comme “midi les zouzou” aurait pu faire).

  4. Tata Simone

    Sauf que Tutu n’est pas que pour les enfants, qui ne verront en elle qu’un joli objet si ils n’ont pas lu/écouté/regardé les oeuvres auxquelles la série fait référence (et lire Coppélia à un gosse tout jeune, enfin Le marchand de sable d’Hoffmann… Pas vraiment, non). C’est pour ça que la série est intelligente et intéressante.

  5. Tetho

    Ouais, mais le public adulte est secondaire, il a été pris en compte et la série se destine aussi à lui, mais les enfants sont la vraie cible. C’est la la plus grosse réussite de la série : elle ne prend pas son public, surtout jeunesse, pour des cons. Dans l’industrie actuelle c’est à la limite de l’exploit et ça fait de Tutu un vrai anime “mature”.
    Pour en être convaincu il suffit de regarder les faits : aussi bien aux USA qu’en France la série s’est plantée. Au Japon elle est passée tôt le matin, dans une case jeunesse, et a eut son succès.

    Les personnes qui veulent absolument voir une œuvre pour adulte dans Tutu me font penser à ceux qui y a 10 ans nous sortaient “Evangelion c’est pas du mecha, c’est de la psychologie (ou de la théologie)” (sic) et se fourraient le doigt dans l’œil jusqu’à la prostate. Si on ne prend pas Tutu pour ce qu’elle est vraiment, une série de magical girl qui se destine aux fillettes, il est difficile de comprendre son positionnement culturel et la vraie force de son message.

  6. Yuki

    Pour être exact, c’est “Princess Tutu, la série qui tue”, comme on a “Mushi-shi, la série qui chie” ou encore “Master Keaton, la série en carton” (on remarquera l’inexistance de la relation entre la qualité de ces séries et les rimes qui leur sont attribuées). ;)

  7. The Drig Overmind

    Natth a écrit:
    “Akata dit aussi vouloir persister dans le shôjo qui se détache des clichés du genre.”

    Naaan! On veut du shôjo-qui-tâche! Pas du shôjo-qui-détache ! :P

    (Bon, OK, elle est nulle ma blague … )

    Uzura-zura !!!

Leave a Reply

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>