J’ai fait mes achats en manga yaoi avant-hier, avec 7 titres de sortis depuis la dernière fois : No Money 3 où on s’aperçoit que la scénariste a de plus en plus de mal à cacher son côté sadique, Love Mode 3 qu’est toujours aussi bien, Tendre voyou que j’ai vraiment vraiment hésité à acheter tellement j’avais honte de ce titre (la suite a confirmé mes pires peurs, mon Dieu les éditeurs éditent vraiment n’importe quoi), Fragments d’amour que je n’ai pas lu, Be-boy mag avec de nouvelles séries (dont un nouveau Ayano Yamane, toujours aussi trash… pourquoi s’acharner?) et Le jeu du chat et de la souris 2, bouillie de sentiments parfois tellement réalistes que j’ai essayé de fuir à la lecture du titre.
Reste Réminiscences, ma meilleure surprise du lot et que je ne connaissais pas avant de le voir en librairie, qui est un one-shot écrit par Youki Fukai et paru chez Taifu. Bien sûr, cela reste du yaoi, mais ce titre a une qualité que je ne lui nierai pas : l’histoire et les personnages restent assez cohérents. Ça paraît sans doute bizarre, mais après quelques années passées à lire des manga avec des personnages qui virent de bord et commencent à préférer les garçons d’une page à l’autre sans que cela ne pose de problèmes (du genre Tendre voyou, je me demande encore comment j’ai pu acheter ce titre, en plus c’est une série…), eh ben moi ça m’en pose un. Un très très gros problème même parfois (pour les gens qui critiqueraient mon amour pour Love Mode, qui tombe parfois dans la catégorie que je viens d’énoncer, je leur dis prout, parce qu’on ne descend jamais un premier amour.), parce que malgré mon aura de fangirl yaoiste fujoshi que je semble posséder auprès de quelques-uns, j’aime les histoires (d’amour) construites et des personnages qui ne virent pas leur cuti au bout de 20 pages et se font peloter par le mâle en chaleur le plus proche avant de se faire déflorer l’arrière-train dans un accès de folie hormonale.
C’est bien pour cela que j’aime Réminiscences. Parce que l’histoire de vengeance ne vire pas à un énième syndrome de Stockholm où la victime s’amourache du bourreau, comme on voit dans beaucoup d’autres manga yaoi. Mais parce que derrière leur histoire glauque commune au lycée, se cache deux hommes qui s’aimaient et qui n’ont pas compris les sentiments de l’autre. Ce manga possède en plus un beau dessin, une bonne mise en page, un sujet intéressant et réaliste avec des personnages qui ont dépassé le stade de l’ado prépubère en manque, tout ce que j’aime en temps normal.
Mais attention, ce titre n’est pas une histoire gaie et gentillette, c’est même franchement tout le contraire : l’histoire est très violente, parfois même très extrême et j’ai pensé pendant ma lecture à virer ce manga parce que j’étais un peu dégoûtée, mais la suite m’a convaincue de ne pas lâcher. A cet égard, j’aime le logo microscopique qui orne la couverture, commune à tous les manga yaoi de la collection : merci Taifu, mais il ne sert à rien, on ne le voit pas. Enfin, c’est dans l’absolu une bonne initiative, mais je déplore qu’il n’y ait pas de différence plus nette entre ce titre adulte et les autres, genre un blister en plastique. Parce que ce titre mérite son blister, pour ne pas tomber entre toutes les mains.
Bon, là je vais spoiler sévère en décrivant l’histoire, mais tant pis, je ne mettrai pas les noms, accrochez vous, ça décoiffe.
Uke est jeune, beau et blond. Seme est jeune, beau et brun. Ils sont au lycée, tout va bien, sauf que Uke étant chétif et venant d’ailleurs, il n’est pas trop accepté dans le groupe de Seme, qui fait pourtant tout ce qu’il faut pour qu’il s’intègre, et pour que Uke se rapproche de lui. Uke commence peu à peu à se faire charrier et cela dégénère pas mal… Uke proteste, mais Seme en a marre et le viole. Uke déménage 2 jours après. Ça commence mal, très mal, et on se demande un peu comment cela va se poursuivre.
Eh bien, la suite de l’histoire est encore plus glauque : Enter Seme qui a bien grandi, est devenu chauffeur de bus et a toujours regretté d’avoir violé Uke et qui ne comprend toujours pas son geste ; d’ailleurs, à ce stade de l’histoire, nous non plus. Enter Uke, qui a grandi lui aussi, est fiancé, est en déplacement dans la même ville que Seme et désire se venger. Uke commence donc par menacer Seme et le viole. De façon répétée. Ouais, j’avais bien dit que c’était morbide, mais là, l’auteur n’y est vraiment pas allée de main morte.
Seme trouve que c’est en partie mérité (l’humiliation, pas le sexe), mais il ne trouve toujours pas la raison de son geste au lycée, alors que Uke s’acharne toujours sur lui, même si les relations sexuelles forcées sont devenues une habitude un peu moins déplaisante. Puis Seme commence à fatiguer, en a marre de la situation et quand Uke lui annonce qu’il va être muté, Seme craque complètement et fait une hémorragie interne… Donc zou hôpital, avec Uke qui s’inquiète quand même pour Seme puisque c’est un peu à cause de lui si Seme en est là et vient lui offrir des fleurs. Et là, Seme finit par avouer tous les sentiments qu’il éprouvait envers Uke…
Pour les personnes qui ont été choquées par le résumé, je pense que cette histoire, avec la première partie décrite au-dessus assez violente et longue entrecoupée de flashbacks (130 pages) n’est pas pour vous. Sérieusement, tous les manga yaoi ne sont pas bons à lire pour les personnes les plus fragiles de l’estomac et celui-ci en fait partie, avec No Money. Pour les autres, c’est un bon one-shot qui sort un peu des poncifs habituels.
December 10th, 2009 - 22:16
Pas lu la fin de l’article, parce que tu m’as convaincu d’acquérir la chose \o/
December 12th, 2009 - 01:10
Après avoir lu Réminiscences, je suis on ne peut plus d’accord avec toi. J’avais un mauvais a priori à cause de mauvaises critiques, donc on ne peut pas dire que j’étais sûre d’acheter un bon titre. Mais j’ai aimé l’équilibre entre l’aspect dur et la sensibilité des personnages, les visages expressifs en quelques traits (par contre l’auteur aurait pu faire un effort pour les décors, même si c’est dur d’être inspirée par un bus) et la masculinité des persos (à bas la mauviette dominée par un gorille imberbe
). J’ai commencé ce titre et je n’ai pas pu le lâcher avant la fin ^^
Pour Fragments d’amour, c’est mignon, c’est tendre, c’est doux, ça se mange sans faim (si on est capable de bouffer un manga à 9€ ^^”), mais on n’y trouve pas une réelle profondeur. Ce n’est pas prenant comme Réminiscences, mais c’est agréable à lire et plus original que Tendre voyou.
Est-ce que tu me croiras si je te dis que les Tendre voyou de mon libraire sont partis en UN jour ? Je viens juste d’acheter le mien, ils ne l’ont pas livré avant.
December 13th, 2009 - 14:47
Bah voilà, il ne me fallait pas plus qu’un synopsis de yaoi / glauque pour me donner envie de le lire -.-
December 13th, 2009 - 20:59
Le pire c’est que ça ne m’étonne même pas de toi xD