Viens par là jeune fille, qu'on cause un peu ensemble…

2009 November 30
by Tata Simone

Les gens qui traînent un peu depuis un moment sur mon blogue (et ceux qui discutent un peu avec moi sur irc) le savent, j’ai des tendances féministes qui s’assument pleinement et sont fières d’exister. Oh, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas déclarer que les hômes c’est le mâle (elle est nulle je sais) parce que mon zhom je le garde et je le câline vu qu’il me le rend bien, ni cramer mon soutif : il est joli, m’a coûté la peau du c** et en plus j’en ai besoin pour garder mes seins fermes jusqu’à mes 110 ans, sans effet gant de toilette. (En aparté, je sais pas si vous avez vu, mais les prix des soutifs de marque ont allègrement augmenté, c’est un scandale! Jvais pas non plus commencer à me fournir à H&M, vu la qualité de leurs culottes, je me ferais arnaquer comme au coin d’un bois.)

De par ma nature féminine (ahem *tousse*), je suis amenée à lire régulièrement des trucs appelés “magazines féminins”, dont au hasard Elle, Glamour, Biba, etc. Tout en reconnaissant leurs qualités distrayantes pour les neurones (quand on regarde une belle paire de chaussures de ce genre de magazines, on oublie qu’on est au chômedu et quand on cache le prix ça fait du rêve à pas cher. Mais quand le mag’ lui-même n’indique pas le prix, c’est en général parce que celui-ci flirte avec les trois zéros AVANT la virgule. Et n’a pas besoin des 99 centimes derrière pour paraître moins cher.), on peut sans crainte affirmer que le contenu rédactionnel est très faiblard, voire insultant pour nos neurones : en bref, en général saidlamerde, surtout sur les pages “sexo” et “vie de couple”, parfois abominables tant certains de leurs conseils sont à côté de la plaque.

Sauf le Glamour du mois dernier, parce qu’il a fait un article que je n’aurais jamais cru voir sur ce genre de magazine : ça dit enfin que les lectrices en ont marre des mannequins de 12 ans avec un corps de frite et que contrairement à ce que dit un monsieur nommé Karl Lagerfeld, voir des gens qui ressemblent aux lectrices “normales” (soit ne faisant pas du 34 pour 1m80) en couv’ des magazines, ça fait nettement moins stresser sur son propre poids de lectrice complexée. Je parle de la lectrice normale, hein, parce que perso, les régimes minceur, je m’en tamponne le coquillard. Mais voir Lizzie Miller faire des photos pour Glamour USA et susciter autant de réactions positives alors que le modèle n’a pas tout à fait les formes d’un mannequin, ça fait énormément plaisir. Si ça se trouve, les bonnes résolutions ne tiendront que 2 mois, puis tout redeviendra comme avant : mannequins anorexiques, fringues trop chères que même si tu te cotises pendant 1 an tu ne pourras pas te les payer, véhiculage de clichés en nombre important et absence de vrais sujets importants de fond touchant la femme moderne ; mais tout peut aussi changer, on verra bien. Brigitte s’y attelle déjà (pour ceux qui ne lisent pas l’allemand, le titre veut dire “sans top-models : les premiers shootings”).

Et puis je suis tombée par hasard sur Causette et ce qui m’a semblé être au départ un magazine féminin de plus. Eh ben je me suis trompée (hihihi) : Causette, magazine “plus féminin(e) du cerveau que du capiton” en référence aux mags habituels, est un vrai magazine de fille. Qui parle de choses de filles, mais de vrais débats et de vrais problèmes, sans prendre la lectrice pour une neuneu. J’ai découvert le magazine cet été, alors que je squattais de façon un peu crevarde chez un copain, avec le n°2 du magazine laissé sur une table par une de ses colocataires. Ce numéro était consacré à la contraception et tout ce qui gravite autour (planning familial, avortement…), eh ben j’ai appris des trucs vraiment utiles, autres que l’habituel “mon copain a déchiré son préservatif et je ne prends pas la pilule, suis-je enceinte?” avant de passer à la dernière crème hors de prix qui te fera rajeunir en 30 jours top chrono parce qu’il faut bien rentabiliser les pages.
Enfin un magazine qui ne lie pas sexualité avec bébé (et ne fait pas culpabiliser parce que tu n’en veux pas alors que t’as déjà 30 ans, au contraire), poils et épilation totale, “conseils beauté” et marketing parce qu’il n’y en a pas. Pas de publicité déguisée sous les articles (y’en a pas), pas de star qui vante tel parfum ou déo à bille, pas de recettes popotte (marrant, la femme moderne porte souvent de vieux relents de l’ancienne), pas de diktat sur la position sexuelle du moment (wi, vous ne rêvez pas, ça existe), ni le maquillage/fringues/shoes à porter sinon t’es total has-been et bonne pour la casse. Cherchez pas, y’a pas.
A la place, et jusqu’à décembre, le numéro 5 du magazine est consacré au féminisme d’aujourd’hui, en abordant le problème sous plusieurs angles de vue, toujours très intéressants même si je ne suis pas toujours d’accord avec les opinions présentées. Je regrette également que le magazine ne parle pas plus du mouvement masculiniste et ne fasse pas de petite chronologie non détaillée des mouvements féministes pour les débutantes ignares comme moi qui ont un peu de mal à s’y retrouver, mais le dossier principal présente une excellente ébauche de recherche pour qui veut appréhender le débat dans sa complexité et sa globalité.

Bref, Causette c’est d’la balle et constitue le premier magazine ciblant les femmes valant son prix (4.90 euros) et auquel j’ai envie de m’abonner. Continuez, filles et gars, vous faites du bon boulot. Même l’horoscope, seul vestige du mag’ de fille vaut le détour, c’est dire.

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  1. lililavilaine permalink
    December 1, 2009

    J’aime !
    Vais aller mater si je trouve Causette, moi aussi.

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