Natsuki Sumeragi, une folle de fleurs
Natsuki Sumeragi (son nom me fait penser à un personnage de Please save my Earth x3) est une mangaka qui n’est pas très connue en France, mais la plupart de ses œuvres ont bénéficié d’une traduction et d’une édition groupée chez Akata en 2007 et 2008 ; l’éditeur avait parlé d’un “coup de coeur”. Comme beaucoup d’auteurs, on ne sait pas grand-chose sur elle, mis à part qu’elle serait née en 1967 et qu’elle aime beaucoup les vieilles légendes asiatiques, en particulier chinoises. Elle excelle dans les histoires courtes, assez mélancoliques, décrivant des histoires d’amour à priori impossibles, dans un Japon ou une Chine antiques. Son dessin, très précis, fin et élégant (nan, je n’ai pas copié sur une brochure qui vante les mérites de l’auteur), met bien en valeur les récits qu’elle met en scène, sans surcharger les pages, avec un souci du détail qui frise la perfection. En bref, c’est un vrai bonheur pour les yeux de lire ses œuvres, qui sont exceptionnelles au regard de la production shojo actuelle.
Le premier ouvrage à être paru en France fut La voix des fleurs, un recueil de nouvelles de jeunesse, qui inclut sa première histoire courte, Le sanctuaire de la femme serpent, dont l’action se déroule dans le Japon médiéval. Le reste de l’œuvre est plutôt centré sur la Chine, avec trois histoires d’amour entre humains et esprits tantôt gaies, tantôt tristes et tragiques. Le titre est inspiré de la première histoire, La pivoine enchantée, qui raconte l’histoire d’amour entre un humain et une pivoine qui aime bien boire, en réalité un esprit des fleurs qui peut prendre la forme d’une très belle femme. Ce recueil est assez léger dans son ensemble, mais je n’ai aimé que deux de ces histoires sur les quatre proposées : l’une était trop brouillonne et l’autre, Le sanctuaire de la femme serpent, beaucoup trop glauque à mon goût : je n’aime pas les histoires d’inceste entre frère et sœur, même involontaires.
Nous retrouvons toutefois les deux amoureux de pivoines dans Un destin clément, autre recueil de nouvelles plus récent et graphiquement plus abouti, avec des histoires “typiquement” chinoises où les fleurs, notamment les pivoines, sont encore très présentes. Ce manga se trouve plus dans le conte de fées chinois que le premier et Romance d’outre-tombe, où les histoires japonaises morbides contrastent avec les histoires chinoises féériques. Les quatre histoires contenues dans l’œuvre sont toutes aussi magnifiques les unes que les autres, mais j’aime plus particulièrement Le fou des fleurs et La renarde maléfique, que je trouve graphiquement plus aboutis (d’ailleurs les deux images illustrant cet article sont issues de Le fou de fleurs).
Romance d’outre-tombe est un autre recueil de nouvelles, paru au Japon chronologiquement après La voix des fleurs, qui met aussi en scène deux histoires concernant le Japon médiéval, empreintes comme dans Le sanctuaire de la femme serpent d’un côté fantastique et mortifère qui plaira aux amateurs du genre. Leur deuxième exception est que ce ne sont pas à proprement parler des histoires d’amour, mais plutôt de vengeance d’esprits maléfiques. La dernière nouvelle, qui se situe en Chine, contrebalance le côté étrange et mortel des deux premières histoires courtes, même si l’auteur dessine encore une histoire d’amour impossible.
Intrigues au pays du Matin Calme est mon recueil d’histoires préféré, et de loin. Comme le titre du recueil l’indique, la plupart des histoires se déroulent en Corée, où nous attend un angyo-onshi (:3), un inspecteur du roi, qui parcourt le pays pour faire respecter les lois. Il est le sujet et spectateur des trois premières histoires (toujours d’amours impossibles, mais qu’est-ce que c’est bon) et nous apprenons dans la troisième son terrible secret… La quatrième et dernière histoire se passant en Chine nous apprend qu’il ne faut pas, surtout pas jouer avec un fantôme de jeune fille qui a juré de se venger d’un amant indélicat.
J’ai moins aimé Pékin, années folles, qui est la seule série de nouvelles (2 volumes) de Natsuki Sumeragi à être sortie en France. Ces nouvelles, assez différentes les unes des autres mais tournant encore autour du thème de l’amour, ont toutes comme point commun de se situer au début du 20ème siècle en Chine, à Pékin. J’ai moins apprécié les histoires, parce qu’elles sont plus réalistes et ne possèdent pas la magie de ses autres œuvres. En même temps, j’apprécie fortement les histoires fantastiques chinoises écrites par Natsuki Sumeragi…
Sous la bannière de la liberté est la dernière œuvre de l’auteur à être traduite en France, mais je n’ai pas trop aimé ce manga que j’ai trouvé fade et un peu artificiel. Malheureusement, je n’ai pas pu le relire pour décrire son contenu, je pense qu’il doit être dans un carton bien rangé, trop bien rangé même
(hahaha pour un article sur les œuvres d’un auteur, je fail un peu là)
Akata a eu décidément une bonne idée en traduisant Natsuki Sumeragi, car je n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant ni sur Internet, ni sur aucun autre support d’information et j’aurais manqué une dessinatrice pleine de talent qui éblouit à chaque page. Ce que je trouve par contre dommage est la faiblesse du scénario de certaines de ses nouvelles, qui sont parfois redondantes. Elle est assi créditée pour sa participation à un recueil de comics sur Spider-man et autres héros Marvel, mais je ne sais pas trop si il s’agit bien d’elle, Marvel et ses héros sont un monde bien éloigné de ses thèmes de prédilection…


HAN !!!!
Je prévoyais de faire un article sur elle bientôt !
Tu m’as devancé !
Pô juste.
Quoique… J’vais charger blogchan vu que tu as chargé sama, comme ça, pas UN n’échappera à Natsuki !
Encore faut-il que les lecteurs de sama et blogchan, ne soient pas les mêmes ^^”
MOUARH ARH ARH! *rire sadique*
Alors, pour être honnête… J’ai trouvé le trait de cette artiste magnifique, vraiment. Par contre, je n’ai pas accroché aux histoires… Dans le même style graphique, j’ai trouvé les récits de la série Onmyôji plus intéressants et les personnages plus attachants. En tout cas, je reconnais que le graphisme de cette auteur très plaisant. C’est dommage de ne pas voir ce genre de mangas plus souvent ^^”