Le pavillon des hommes

2009 October 26

Il est mignon non? *ç*

Ceci n’est pas une critique (car je n’ai pour l’instant lu que les deux premiers tomes) mais un message d’adoration pour Fumi Yoshinaga, qui a toujours dessiné des manga exceptionnels et continue, avec Le pavillon des hommes, de m’étonner par sa maîtrise du dessin de ses personnages (les décors ont toujours été un peu faibles, mais elle s’est visiblement améliorée) et le développement psychologique fouillé des protagonistes qui composent les deux premiers tomes de ce manga.

J’avais rapidement évoqué dans un article précédent son oeuvre précédemment sortie chez nous chez Casterman, All my darling daughters, un one-shot mature décrivant les relations entre une femme célibataire et sa fille qui pose en filigrane la question de la place de la femme au Japon. Si vous ne l’avez pas lu, précipitez-vous dessus, car ce manga, en plus d’être assez réaliste, est l’un des seuls exemples de manga qui aborde des questions féminines et féministes et reste très doux et tendre, bref très féminin (rigolez pas, je l’ai ressenti comme ça, mais si le genre vous attire, lisez aussi Broderies de Marjane Satrapi, c’est délicieux).

Le pavillon des hommes se situe (ok, de façon assez lointaine, mais bon) dans la veine “féminine” de l’auteur et propose une histoire assez originale : dans un Japon médiéval uchronique, une épidémie semblable à la variole décime par milliers les hommes, ce qui pousse la société à mettre en avant les femmes et préserver les hommes pour la reproduction. Attention, il ne s’agit pas d’un manga extrême qui fantasme sur le mythe des Amazones : la société japonaise ne change pas fondamentalement mais se féminise. Les femmes exercent plus de pouvoir et d’autorité que dans la société traditionnelle et ne sont pas inquiétées car les hommes sont trop peu nombreux pour remettre en question le transfert du pouvoir.
Le shôgunat est aussi désormais représenté par une femme, qui maintient dans le pavillon des hommes des centaines (800) de jeunes et beaux hommes, destinés à assurer sa protection, mais aussi à son plaisir sexuel.

Ce manga décrit deux époques de l’histoire de ce pavillon dans un récit imbriqué : dans le tome 1, le nouveau shôgun qui décide de savoir le contexte d’une loi du début du shôgunat féminin se rend aux archives (ouaiiiiis o/), se fait ainsi raconter les débuts du shôgunat et les sombres secrets qui l’accompagnent… Car sombres secrets il y a, en plus de beaucoup de sang, de meurtres et de larmes, j’espère que ce sera plus gai par la suite moi ;_;.

Pour l’instant, ce manga est très très bon et la fin du tome 2 laisse percevoir un développement intéressant par la suite. Précipitez-vous dessus, en ce moment Kana fait un prix très intéressant (5,50 euros) sur le volume, qui bénéficie d’une édition soignée avec pages en couleur internes et couverture en beau papier.

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