Dragon Ball Evolution : simple film raté ou daube intersidérale?

2009 April 26
by Tata Simone

… Ou comment recycler une critique jamais publiée.

Le titre n’est peut-être pas un de mes meilleurs, mais il a au moins l’avantage d’être clair : DBE n’est pas un bon film. *Captain Obvious in action*
Dragon Ball Evolution est en effet l’un des sujets à la mode ces derniers temps (enfin ça date un peu quand même) et a fait couler beaucoup d’encre tant virtuelle sur divers blogs que réelle sur le papier des magazines professionnels, plus pour critiquer et descendre le film que vanter ses qualités, qui sont à peu près quasi-inexistantes. Pour le fan (et le novice), le film de James Wong a pour lui bien peu de qualités, face aux défauts qui torpillent le film : univers et histoire de base très peu respectés et à la limite du complet foutage de gueule (qu’il n’est pas besoin de repréciser ici), coupes sombres dans les personnages principaux qui font entre autres passer Krilin à la trappe, dialogues et déroulement de l’intrigue qui pourraient faire passer Twilight ou tout autre nanar de votre choix pour des chef-d’oeuvre absolus et maîtrise des arts martiaux par le héros faisant penser à une grosse blague (sortie le 1er avril, ce n’est pas pour rien) et à une démonstration de Tecktonik épileptique, rien n’est épargné au spectateur. A fuir donc, sauf si vous êtes amateur de série B ou si vous avez envie de voir un film au titre “Dragon Ball” qui n’est pas Dragon Ball, donc aucun intérêt.

Mais écartons ce film un moment et revenons 20 ans en arrière… Vous n’étiez pas nés? Tant pis, grâce à la technologie de l’Internet qu’elle est super, nous apprenons qu’en 1989, il y a 20 ans tout juste, est sorti un film un peu bizarre, nommé “Dragon Ball, the magic begins”. Il conte l’histoire d’un jeune garçon, Son Goku, à la recherche de boules de cristal… Eh oui, Dragon Ball Evolution est le (au moins) deuxième film sur le sujet à avoir profité d’une sortie internationale, d’un doublage en français et d’une sortie en VHS et apparemment aussi en DVD (comme quoi la honte ne tue pas). DB the magic begins est aussi le prédécesseur de DBE dans la nanaritude et est un bon film à voir entre copains, avec un bon bol de chips un soir où on s’emmerde et qu’il n’y a rien d’autre à regarder.
Au menu? Un Son Goku qui maîtrise mieux les arts martiaux que son successeur, mais qui voit lui aussi son grand-père, toujours vivant, se faire attaquer au début du film par les méchants pour la dragon ball en sa possession (Eh oui, un Son Gohan, ça a la vie dure), comme quoi DBE n’est pas le pionnier en la matière et je soupçonne un visionnage de ce film avant de faire la version que l’on sait. Bulma, quand à elle, se trimballe en 4×4, se prénomme Seethoe et n’a toujours pas les cheveux verts, mais est moins chiante que la fille à gros seins qui lui succède. Oolong le cochon pervers est le grand rescapé du film, mais il se récupère un gros penchant pour les lolis en plus d’une peau bleue à la limite du noir et un râteau de paysan. Ils ne l’ont pas raté, mais c’est le personnage le plus ressemblant à celui du Voyage en Occident, l’oeuvre d’origine. Yamcha, renommé Eastwood (*soupir*) pour l’occasion ressemble plus à un gosse de riche excentrique et prépubère qu’à un voleur sans scrupules. Krilin est encore et toujours le grand oublié de cette adaptation avec Chichi cette fois-ci, remplacée par une “Jade” sortie d’on ne sait où. Tortue Géniale est le seul à avoir gardé le look ainsi que sa personnalité d’origine et sa danse d’invocation du nuage magique est à mourir de rire.
Côté méchant, on a un peu l’impression de retrouver dans ce film tous les recalés du casting de la série Power Rangers : un mystérieux (il a un vaisseau spatial!) et forcément méchant roi cornu tout pas beau et bleu veut les sept dragon balls pour devenir le maître du monde, en utilisant tous les moyens possibles. Il envoie ses sous-fifres, un mec bodybuildé et une fille pas vraiment causante trucider les détenteurs des dragon balls, à commencer par le grand-père de Son Goku…
Ce n’est pas vraiment très original, mais ça suffit à l’intrigue de départ, les méchants sont très méchants, les gentils sont gentils, il y a un combat contre les méchants, les gentils gagnent in-extremis et tout rentre dans l’ordre, youpi-tralala tout le monde est content. Ça s’appelle Dragon Ball? Ah bon? Y’a un rapport avec le manga du même nom?

Snif.

Ce premier film est à regarder en complément de DBE : ce sont deux faces de la même pièce, deux adaptations malheureusement ratées d’un univers unique et tellement riche qu’il est trop réducteur de le condenser en un seul film. Les deux adaptations sont également ratées : la première parce qu’elle essaie trop de coller à un univers mythique et complètement détaché du manga pour se rapprocher du livre original qui a inspiré Akira Toriyama, Le Voyage en Occident, l’autre parce qu’elle essaie trop de se raccrocher à la réalité des adolescents américains de base, modèle “universel”, ancrant l’histoire dans un univers réel factice et lui aussi complètement décalé, dans l’extrême inverse du premier film.
En conclusion, ne pas essayer d’imiter des animes/manga non-réalistes, ça conduit à un bide aussi prévisible que monstrueux. Spectateurs, fuyez, Ils auront tous notre santé mentale si Ils continuent.

2 Responses leave one →
  1. Natth permalink
    April 27, 2009

    Pas vu DBE, mais je suis tout à fait d’accord avec ta conclusion. A la rigueur, lorsque le film assume son statut de nanar, ça peut passer. Mais s’il se prend au sérieux, ça fait toujours très mal -_-
    Sinon, je crois qu’ils envisagent d’adapter Cowboy Bebop, avec Keanu Reeves dans le rôle principal. Reste à voir si ça donnera quelque chose.

  2. Merwok permalink
    May 4, 2009

    Œuvre, pas oeuvre.

    Je trouve que tu critiques beaucoup les lolis.

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