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Quelques réflexions sur le viol dans le manga yaoi/bl

2017 août 15
by admin

Le viol dans le manga yaoi/bl est un vaste sujet, assez complexe et sur lequel je planche depuis de nombreuses années. Je me suis toujours demandé pourquoi les scènes de viol sont aussi nombreuses dans ce type de publication, aussi détaillées et aussi peu suivies d’un dénouement logique (dans la vraie vie, il y aurait peu de chances pour que l’homme qui viole et celui qui est violé finissent ensemble, il me semble).

Cet article a été écrit après plusieurs années de réflexion tant sur le manga yaoi que mon propre cheminement vers le démêlage de ma propre situation dans la société. Il peut être mis en pendant de cet article, que j’ai écrit il y a très longtemps (8 ans cher lecteur, on en fait du chemin en 8 ans). Quand je le relis, j’ai quelques crispations à lire certains passages, mais il n’est pas à jeter dans l’ensemble. Je ne l’ai pas remanié malgré quelques vagues promesses et je pense qu’il restera définitivement sous cette forme.

En 8 ans de réflexion, j’ai eu le temps de découvrir pas mal de choses et notamment une rencontre structurante : les idées féministes. Parce que contrairement à certaines idées répandues, il n’y a pas qu’un féminisme plein et entier, mais des galaxies de féminismes, qui évoluent et changent constamment, évoluant en même temps que la société. Mais le sujet n’est pas de faire un article Wikipedia sur le féminisme, donc on va passer rapidement.

Le féminisme m’a apporté plusieurs choses : déjà, la conscience que je suis une femme qui lis et regarde des oeuvres baignant dans une culture misogyne et patriarcale, dont l’un des sous-produits est la culture du viol. On parle beaucoup de ces concepts dernièrement, mais qu’est-ce que ça recouvre?

 

 

Le yaoi/bl est un genre qui a émergé dans les années 70, en même temps que le renouveau du shojo promu notamment par les membres du groupe de l’an 24. Ce nouveau shojo, écrit et dessiné non plus par des hommes mais massivement par des femmes, fait état des sentiments et des aspirations féminines. Notamment les questionnements des jeunes filles sur leur identité, leurs premières amours, leurs problèmes à trouver leur place dans la société, se démarquant nettement du shônen de l’époque. Révolutionnaire pour l’époque, car abordant également la question des identités de genre et d’orientation sexuelle, notamment à travers des oeuvres comme Très cher frère, le coeur de Thomas, La rose de Versailles…
La naissance des oeuvres yaoi, comme productions de fans qui détournent des oeuvres très masculines et farouchement hétérosexuelles, est également une occasion de subvertir et de remettre en cause les codes sexuels et de genre, souvent avec une bonne tranche de rigolade sur la sur-virilité de l’oeuvre originale.

Néanmoins, le shojo et le yaoi sont des productions pour jeunes femmes, à majorité hétérosexuelles, qui sont le reflet de leur époque. Dans les années 70 comme maintenant, une certaine misogynie et un dédain pour ce genre de production, puis misogynie dans les oeuvres elles-mêmes est à l’oeuvre. La misogynie féminine est une misogynie intériorisée, souvent involontaire voire imposée, mais qui a des conséquences concrètes dans les oeuvres.
Personnages féminins idiots, stéréotypés, bref le manga shojo traîne tout de même certains clichés féminins qui sont le reflet de la société inégalitaire ainsi que le reflet des pensées des autrices. Les histoires d’amour dans les productions shojo reflètent également une société assez codifiée et inégalitaire, quand ils ne décrivent pas exactement une relation abusive mais où ce n’est “pas grave”.

La production BL reflète également une certaine misogynie, notamment par des personnages féminins absents (*tousse* Love Mode *tousse*), mal écrits ou dans certaines productions yaoi, complètement idiots. Quelques manga yaoi mettent en scène des personnages féminins dont le rôle est de faire progresser la relation, surtout dans les manga se déroulant dans un milieu scolaire (les soeurs ou meilleures amies notamment), mais ce sont en général des manga dont le ratio de chaque sexe est assez équilibré. L’autre versant de la misogynie qui s’exerce dans le manga yaoi/bl est celle qui divise les deux personnages principaux entre uke (celui qui reçoit) et seme (celui qui donne).
Je pense que beaucoup l’auront remarqué avant moi et j’enfonce des portes ouvertes, mais le yaoi/bl ne décrit pas, pour la majorité des oeuvres, de relation homosexuelle mais de relation hétérosexuelle adaptée à deux hommes. Très peu de manga yaoi à ce jour sont exempts de stéréotypes dominant/dominé calqué sur la dualité masculin/féminin, très peu proposent des rôles interchangeables aux personnages, voire ne leur imposent aucun rôle. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de rôles dans les relations homosexuelles. Mais la plupart des manga yaoi/bl proposent des histoires d’amour dont les storylines sont calquées sur les histoires d’amour et les codes hétérosexuels. Ce qui fait qu’on retrouve également dans ces oeuvres des relations abusives entre le seme et le uke. Mais là également, “ça passe” auprès du public, qui est souvent le même pour les manga BL que pour le manga shojo.

Ce trope de la relation abusive “mais c’est pas grave” n’est pas exclusive aux manga shojo/bl. Dans les productions occidentales très médiatisées de ces dernières années, les relations “abusives mais c’est pas grave” sont de l’ordre de Twilight et 50 shades of Grey. Et non, ce n’est pas parce que c’est un milliardaire ou un vampire que ça passe auprès des jeunes filles. Ca passe parce qu’on baigne tous dans une société patriarcale qui essaie de faire avaler aux jeunes filles qu’une relation abusive est normale, voire souhaitable.

 

 

Entre le sujet du viol.

Le viol est très fréquent, voire trop fréquent dans le yaoi et le BL.

Le viol est un ressort scénaristique très utilisé par les autrices de yaoi et de BL, pour à peu près n’importe quoi, surtout au début d’une relation. Mon exemple le plus incompréhensible étant Kizuna… Pourquoi Kazuma Kodaka a t-elle choisi un viol comme première interaction sexuelle entre ses deux héros? J’ai cherché pendant longtemps une explication simple et plausible à cet engouement pour ce genre de scènes, tant de la part des autrices que du public. J’ai aussi cherché pourquoi tout le monde en parle de façon aussi décomplexée. Le seul prisme que j’ai réussi à trouver, la seule façon d’aborder le viol sans le minimiser (ce qui est fait à longueur de temps par les fans de yaoi et de BL) est la culture du viol, découlant de la normalisation des relations homme/femme abusives.

Tout d’abord, je rappelle que le viol est une atteinte sexuelle, une pénétration sexuelle quelle qu’elle soit par contrainte, menace ou surprise, y compris pénétration digitale (oui, on parle bien de doigts et pas de trucs informatiques). Une définition plus large serait de dire que le viol commence là où le consentement de la personne en matière sexuelle n’est pas respecté. La culture du viol dans le système patriarcal glorifie l’agresseur et minimise les souffrances et les conséquences pour les victimes de ces viols, voire les fétichise. De plus, la culpabilité retombe sur la victime, par un mécanisme de mise en accusation de la victime qui devient coupable d’avoir “aguiché” son agresseur.

Le manga BL n’échappe pas à cette culture. Il met souvent en scène deux protagonistes très reconnaissables et qui appartiennent à deux catégories bien distinctes d’individus. Au uke la blondeur et les traits fins quasiment féminins, au seme la musculature, la masculinité dégoulinante par tous les pores et (souvent) les cheveux noirs. Ce schéma est le cliché central du manga BL et les autrices qui proposent d’autres types de couple le font souvent pour se moquer schéma originel, sans pour autant questionner et remettre en cause le stéréotype.
La différence de morphologie entre le uke et le seme est donc souvent assez marqué ; dans certains cas extrêmes comme No Money celui-ci saute aux yeux et tente d’arracher les globes oculaires. Ce dimorphisme entre les deux membres du couple, comme dit plus haut, peut être mis dos à dos avec la représentation du couple hétéro, dont les autrices s’inspirent.

Ce dimorphisme est la racine du comportement du uke et du seme. Une fois les caractères posés, le lecteur sait déjà qui domine et qui sera dominé. Le personnage au caractère le moins affirmé et à la morphologie la plus féminisée est automatiquement celui qui va subir, au sens physique comme symbolique du terme, toujours en miroir des couples hétéros “traditionnels”. Le viol de ce type de personnage est un prolongement de la description de sa position dans le couple. Le viol intervient souvent en début de relation, notamment lors des premiers rapports sexuels où le uke “passe à la casserole”, peu importe s’il est consentant ou pas.

Cet acte entérine la position de domination du seme sur le uke et l’interdit de briguer une toute autre place, ou demander l’égalité relationnelle. Il y a peu de manga yaoi où il n’y a pas vraiment de position de uke ou de seme ; certains manga mettent d’ailleurs en place un couple avec deux seme, qui vont se disputer la place pour être seme. La place du uke est décrite comme dégradante et contre-nature pour eux, car ce sont des hommes… Les productions récentes sont ceci dit un peu moins stéréotypées, signe de l’évolution de la société japonaise sur les questions du couple homosexuel et de la place des femmes.

Il reste qu’identifier le uke à un inférieur physiquement place ce genre de personnage dans une position où il devient difficile de demander du sexe (si il en demande, il peut se prendre des remarques, qui sont typiquement ce que pourrait se prendre un femme qui demanderait des relations sexuelles). Et le seme, personnalité virile, vue comme initiatrice de la relation par la violence du viol, endosse les mêmes prérogatives que les hommes dans les relations hétéros: à lui le désir de l’autre, le monopole de la décision de la fréquence des relations et du consentement du partenaire. Et donc, du viol. Le ressort scénaristique est très peu questionné et remis en cause (exceptions, Réminiscences ou In these words, qui met en scène des viols pour ce que c’est vraiment, donc de la violence ayant pour but de briser et dominer l’autre psychologiquement).

Pourquoi en faire un acte d’amour? Comme vu plus haut, les autrices utilisent les mêmes mécanismes scénaristiques que dans les relations hétérosexuelles décrites dans pléthore de manga et bouquins. Le patriarcat dans son ensemble se porte plutôt bien. Dans beaucoup de sociétés le viol conjugal est encore mal reconnu et minimisé, il est vu comme un acte d’amour alors que ce n’est qu’une assise de domination, voire d’humiliation d’une personne sur l’autre. Les violences physiques comme psychologiques dans le couple sont elles aussi minimisées. Le patriarcat permet ce renversement de valeurs, voire reporter la faute de l’agression sur la victime. Qui n’a jamais entendu dire que si un garçon est violent avec une fille, c’est parce qu’il l’aime et qu’il veut qu’elle s’intéresse à lui? Ou qu’un viol a eu lieu c’est que la victime était aguichante? C’est les mêmes mécanismes, parfois décrits par le seme lui-même (je te viole parce que tu m’as provoqué avec ton beau visage) qui sont à l’oeuvre dans les manga BL.

 

 

Personnellement ces scènes m’ont progressivement mise dans un malaise de plus en plus grand. C’est une facilité scénaristique qui n’apporte rien et est extrêmement violente. Je suppose que la surutilisation des scènes de viol vient également de la paresse des autrices qui ne se foulent pas pour développer plus les rencontres, surtout dans les histoires courtes. Cette facilité découle aussi d’une conception patriarcale du désir et des relations sexuelles, le Japon entre tous les pays occidentaux ayant des problèmes avec les notions de désir (désir féminin notamment) et de consentement.

Une autre explication de l’abondance de ce genre de scènes serait à mettre en parallèle avec la production hentai. Les scènes de sexe sont en effet parfois assez surréalistes comme peuvent être les productions hentai, avec des personnages qui n’utilisent pas de lubrifiant, voire des personnages masculins qui mouilleraient du cul (really?), comme des personnages féminins de manga H. Une influence sur le déroulé des scènes est tout à fait possible.

Quant aux suites, le viol n’a souvent aucune importance sur le rapprochement romantique des deux hommes, sans pour autant que le lectorat se désintéresse de l’histoire, qui devient pourtant complètement irréaliste. Est-ce que ce serait dû à la croyance chez certaines personnes que les hommes ne peuvent pas subir de viol? C’est assez dangereux, car les hommes sont tout aussi victimes de viol (perpétré dans la grande majorité par d’autres hommes) que les femmes.

Cette violence a cependant une conséquence : elle permet aux lectrices hétéros, en miroir inversé, l’empathie avec le uke et le fantasme envers le seme. Parfois parce qu’elles vivent une situation similaire dans une relation, mais du moins parce qu’elles baignent dans la culture du viol et la culture patriarcale et qu’on leur impose de voir les relations abusives, voire le viol comme une preuve d’amour. Le développement du yaoi et BL à travers le monde, en respectant les codes uke/seme japonais, perpétue et renforce le schéma des relations amoureuses inégalitaires, et donc la perpétuation du patriarcat et de la culture du viol.

 

Edit : désolée pour le pavé, hahaha. Je mesure seulement en publiant la taille du truc. J’espère que vous êtes toujours en vie :3

Yuri on Ice

2017 mars 2

Le printemps est prévu pour la fin du mois, mais vu qu’il fait encore froid il est toujours temps de parler d’un des meilleurs animes de tous les temps : Yuri on Ice. Je pense que tout a été dit sur cet anime, y compris à peu près n’importe quoi. Mais vu que je m’en fiche un peu, je vais quand même donner mon avis dessus 😀

Du coup, je ne vais pas y aller par quatre chemins et donner tout de suite mon avis : j’ai A-DO-RE Yuri on Ice. J’ai attendu chaque épisode sagement chaque semaine, en espérant que l’épisode à venir était mieux que le précédent. Je n’ai jamais été déçue.

Chaque épisode a en effet été un concentré de vie et d’évènements qui ont renforcé un attachement envers des personnages qui n’ont rien en commun avec ma vie et mes centres d’intérêts. Les 12 épisodes ont passé à une allure folle, que ce soit au rythme d’un épisode par semaine ou en supportant un visionnage plus rapproché. La série est cohérente et consistante d’un bout à l’autre, ce qui est agréable, surtout pour une série qui aborde un sujet aussi rare au premier abord : le patinage artistique.

Yuri on Ice, c’est tout d’abord l’histoire de Yuri Katsuki, un jeune homme de 23 ans qu’on voit au tout début pleurer assis dans les toilettes d’un centre de patinage, à la fin d’une compétition internationale. Il est patineur professionnel et vient de rater la saison sportive, en n’ayant gagné aucune épreuve. Sur le bord de la dépression, il rentre chez ses parents (propriétaires d’un onsen) quelques mois après, totalement démotivé. Il a énormément grossi et ne semble plus avoir le goût de poursuivre son rêve : égaler le patineur Victor Nikiforov, son idole depuis son enfance, et devenir le champion du monde. Entrent en scène les trois filles de sa meilleure amie (qui gère la patinoire du bled de ses parents), trois chipies complètement folles de patinage, qui honnêtement ne font vraiment pas leur âge de gamines. Celles-ci filment Yuri à son insu, alors qu’il est en train de montrer à leur mère le résultat de son seul entraînement de ces derniers mois : le dernier programme court de Victor, qu’il danse en intégralité. Les trois chipies mettent la vidéo de la chorégraphie de Yuri Katsuki sur les réseaux sociaux (au hasard, Youtube et Twitter) et c’est le buzz… Yuri ne le réalise vraiment que lorsqu’un grand blond à poil au milieu de l’onsen de ses parents et s’appelant Victor Nikoforov lui propose de devenir son coach. Victor, qui a mis sa carrière brillante entre parenthèses pour pouvoir entraîner Yuri Katsuki, un pauvre japonais perdu dans son bled natal, au risque de déclencher les foudres de Yuri Plisetsky, un autre patineur russe, plus jeune que Yuri Katsuki, à qui Victor avait promis une chorégraphie… Omg, mais que va t-il se passer? (héhé? héhé? > oui y’a de l’écho)

La première chose qui m’a plu dans cet anime, c’est son enthousiasme. Il y a une énergie positive qui, sans être d’un optimisme béat et très niais (et très japonais, toi même tu sais), irradie les personnages et donne beaucoup de force à cet anime, en donnant l’impression de couler de source. Tous les personnages savent quel est leur but, quel est le sens de leur vie et donnent tout pour y arriver, même si c’est pour regagner un amour perdu (spoiler : ça ne marche pas). Yuri Katsuki est l’élément le plus renfermé et le plus pessimiste de tous les personnages. Mais l’anime ne s’attarde pas sur ses malheurs et ses échecs (tout comme ceux des autres personnages), pour se concentrer sur les éléments positifs de sa vie : ses parents sont présentés comme bienveillants, voire très bon vivants et l’entourage immédiat du héros est attentif. La soeur de Yuri, qui est peu présente dans l’anime, prend le temps de dire à Yuri que sa famille est là pour le soutenir.
Ce qui m’a aussi plu, c’est qu’il n’y a pas d’éléments négatifs au sens propre, ni de personnages entièrement négatifs. Yuri Plisetsky peut sembler au premier abord être un personnage négatif, mais on s’aperçoit vite qu’il est l’exact opposé de Yuri Katsuki. Froid et distant au premier abord alors que Yuri Katsuki semble être affable et sympathique, il cache surtout une grande sensibilité au regard des autres et une peur de l’échec vis à vis de sa famille, qui l’a toujours supporté malgré une situation familiale qui semble assez compliquée (il a été élevé par son grand-père). Yuri Katsuki est supporté par sa famille, mais est surtout centré sur lui-même et a peur de l’échec par manque d’estime de soi.
Les autres personnages connaissent également les succès ou l’échec mais ce n’est pas représenté comme quelque chose d’insurmontable. Seul Yuri, qui est le seul représenté en situation d’échec dans la début de l’anime, a une vision négative de ce qui lui arrive. Au cours de l’anime, le spectateur apprend que beaucoup d’autres personnages subissent ou ont subi des échecs, professionnels ou affectifs, mais ils le prennent différemment de Yuri et permettent à celui-ci de faire évoluer sa perception des moments difficiles.

 

Comme dit plus haut, le second point que j’ai énormément apprécié est les relations entre les personnages, qui permettent d’équilibrer l’histoire et la série. Aucun personnage n’est tout à fait positif ou négatif et tous présentent des défauts de caractère, corrigés ou non par d’autres personnages; mais leurs interactions permettent à chacun d’évoluer.

La série aurait pu s’en tenir aux relations entre les personnages principaux, mais les personnages secondaires sont eux aussi assez fouillés du point de vue relationnel. Que ce soit amoureux ou strictement professionnel, leurs relations sont explicitées à chaque fois, même si elles sont brossées assez rapidement au départ, elles sont consolidées au fur et à mesure de la série par petites touches, ce qui rend les personnages réalistes, quasiment réels. C’est un point qui m’a énormément plu et assez touchée, car même si cela ne prend pas énormément de temps, c’est un aspect un peu trop souvent négligé et mal géré. De plus, cela permet de se familiariser avec tous les personnages, pas seulement les 2 principaux et il y a beaucoup de personnages vraiment très sympathiques.

En ce qui concerne les héros, la direction négative que Yuri donne à sa vie au premier épisode est rapidement infléchie par les autres personnages présents de son entourage, notamment Victor. C’est lui qui vient trouver Yuri Katsuki au Japon et lui donne le courage de se sortir de son marasme. Sa petite compétition avec Yuri Plisetsky (renommé Yurio par la soeur de Yuri Katsuki), assez superficielle malgré le mauvais caractère de Yurio, va rapidement pousser Yuri à tout donner pour avancer. Avec Yurio (et la surveillance de Victor), Yuri va surmonter quelques obstacles techniques au niveau de son patinage, notamment en demandant de l’aide. Sous les critiques de Victor, Yuri va également apprendre à s’ouvrir aux autres et ne plus envisager la compétition comme en étant opposé aux autres, mais sous un angle beaucoup plus sain et dégagé de toute rancune ou comparaison.

Le personnage de Victor est donc un élément positif pour la carrière de Yuri. Sa balance se situe au niveau affectif, car Victor a négligé cet aspect et se retrouve avec un Yuri plein de questionnements, qui poussent Victor à devoir se poser des questions sur ses relations aux autres, l’impact de ses actions et sa vie sentimentale. A un Victor qui impose une chorégraphie sur l’amour charnel, Yuri va lui livrer une interprétation qui va de plus en plus consister à le charmer, lui (en passant par les phases porc pané sexy et femme qui veut charmer tous les hommes… Signe que Yuri évolue et mûrit sur sa vision de l’amour et ses sentiments face à Victor :3). Yuri va le pousser à s’impliquer dans une relation qui dépasse le cadre du coach et son élève.

On en vient donc au point de la relation amoureuse entre Yuri et Victor… J’ai entendu beaucoup de critiques sur le fait que Yuri on Ice est un yaoi (de la part de gens qui ne l’ont pas vu) et que Yuri on Ice n’est pas un yaoi (de la part de gens qui l’ont vu). En fait la série n’a pas besoin de ce genre de case et tant mieux. La relation intime, romantique voire amoureuse entre Yuri et Victor est traitée comme une relation privée évoluant au cours de la série, qui ne regarde que les deux intéressés et dont nous ne voyons jamais l’explication claire (il n’y en a pas besoin). Elle est également traitée comme étant logique et normale par tous les personnages présents et personne ne trouve à redire quoi que ce soit dessus, ce qui fait énormément de bien. On a besoin de plus d’animes comme ça montrant une relation saine, logique et solaire entre deux personnages adultes consentants.

Le troisième point que j’ai beaucoup apprécié dans cette série, c’est que personne n’est isolé, mais que tous les personnages évoluent dans un monde relié et connecté. Cela a été dit dans d’autres articles, mais les personnages utilisent énormément les réseaux sociaux et communiquent énormément. Je ne sais pas comment cela influera sur le bon vieillisement de la série, mais il est bon de montrer que les personnages n’évoluent pas seuls, mais parmi des connaissances privées ou professionnelles et dans un monde peuplé de parfaits inconnus. Les fans, les compétiteurs, les journalistes, les organisateurs sont visibles et leurs connexions sont également visibles et montrées (les conférences, les interviews, les entraînements avec les divers entraîneurs…), ce qui contribue à faire de Yuri on Ice un anime à part dans la description du réel. Le spectateur a ainsi l’impression de faire partie du monde des personnages, ce qui a du sens pour les japonais car Yuri on Ice est le seul anime récent sur un sport très apprécié dans le pays.

Ce qui renforce cette impression de réalisme est l’utilisation de figures de vraies stars du patinage dans l’anime ainsi que l’intervention de vrais pros du patinage, notamment pour la réalisation des chorégraphies. On en vient au dernier point que j’ai énormément apprécié dans cet anime, qui est la relation au corps et à son expressivité.
Yuri on Ice est un anime qui a réussi à atteindre un vrai réalisme et une vraie fluidité d’animation sur les chorégraphies, imposées par le thème de l’amour charnel. Mal animer des chorégraphies sur glace après avoir posé un tel thème aurait été un vrai problème et aurait détruit le sujet central.
L’animation s’est notamment concentrée sur les programmes des différents compétiteurs, avec de larges passages concentrés sur la compétition en elle-même et la mise en mouvement de détails qui pourraient sembler superflus. Les mains, les pieds, les têtes sont dotés d’animations détaillées et contribuent au réalisme des corps et des techniques. Car le patinage artistique étant de la danse sur glace (comme vu pour Yurio, qui bénéficie des cours d’une danseuse classique russe renommée), il n’est pas possible de faire n’importe quoi avec ces parties du corps, sous peine de notamment avoir la tête qui tourne sérieusement en plein saut pour cause de tête qui tourne trop vite ou avoir le centre de gravité qui se déplace à cause d’un bras mal positionné… Pas facile quand on fait un quadruple tour sur soi-même sur la glace.
L’animation de ces parties du corps, notamment des mains, permet aussi aux personnages de montrer leur attachement l’un à l’autre, comme pendant la chorégraphie de fin entre Victor et Yuri (OUI, CETTE CHOREGRAPHIE. Je ne m’en remets toujours pas, tellement elle est belle.).
Dans l’ensemble cet anime regorge de petites attentions physiques des uns envers les autres (ils se touchent énormément ou c’est juste moi?) et de gens pas très habillés ou utilisant leurs corps à des fins suggestives sans « spectator gaze » pour attirer l’attention d’un autre personnage, ce qui reste un peu étonnant pour un anime japonais. L’anime permet aussi via son sujet de parler un peu de sexe, de genre et de désir sans intention graveleuse et sans jugement, ce qui est un bon point et là aussi un sujet trop rare dans un anime. A ce propos, l’ending avec toutes les photos du gala de l’année précédant l’anime, qui est un petit moment rigolo où ils finissent tous plus ou moins à poil est assez explicite sur le sujet…

Je pourrais encore parler pendant longtemps de cet anime qui fut une révélation pour moi et qui de plus est arrivé pile au bon moment quand j’en avais besoin 😀 C’est un anime assez « feel good » avec quelques tranches de vie, mais qui reste pourtant assez fouillé avec plusieurs problématiques de réflexion. De ce fait, Yuri on Ice supporte assez bien plusieurs visionnages.

 

 

Un grand merci à Sayo Yamamoto.

 

(Merci merci merci merci *_*)

Afin de rallier tous les peuples à notre nation

2016 novembre 2
by Tata Simone

Le blogue est de retour!

Cette année n’a pas été vraiment très riche en articles et rebondissements du côté de Linottes, pour plusieurs bonnes raisons : En début d’année, le blogue est devenu indisponible pendant quelques mois. Puis, quand celui-ci est revenu en ligne, un Apache mal configuré a refusé d’autoriser l’accès aux liens pendant quelques mois, ce qui fait qu’il était impossible de cliquer sur un lien (ouverture des commentaires, recherche d’archives…) sans déclencher une erreur 404.

Pourquoi vous parler d’Apache, me direz-vous (vu que ça ne vous intéresse sans doute pas trop en fait…) ? C’est la nouveauté de l’année 2016 : j’héberge moi-même mon blogue. Enthousiaste m’a redonné ma base de données en fin d’année dernière et j’ai décidé par flemme esprit de découverte d’héberger Linottes par mes propres moyens.

Du coup, vu que je suis une bille en hébergement de serveur, en configuration d’Apache, SQL et PHPmyadmin (j’ai perdu des mots de passe, j’ai noté les mauvais… Pas très la concentration là), il a fallu l’aide de personnes bien intentionnées (le chevelu et Setsunael, que je remercie bien bas) pour que tout remarche impec. Ce qui a été fait dès samedi dernier et linottes ronronne de nouveau, tout fier d’être dans sa 8ème année 😀

J’ai eu de mon côté pas mal de soucis, surtout professionnels, qui font que je me retrouve au chômage, à la santé pas au top (la liste des pièces défectueuses est assez longue), à la motivation en berne et l’envie qui ne frétille pas vraiment même si je lis et regarde beaucoup de choses en ce moment. Du coup, je suis reviendue, mais je ne pense pas récrire tout de suite.

Enthousiaste m’a aussi légué neetwork.net. J’ai un peu plus d’idées pour ce nom de domaine et un projet à lui seul pour un futur site, mais ce n’est pas un projet que je peux mener à bien seule. Si ça se concrétise, je pense que tout le monde en sera informé :p

En tout cas, je suis revenue et j’espère que vous en ferez de même!

Les deux châteaux : les propriétaires, les occupants, les squatteurs

2015 septembre 18

Comme prévu, on continue donc avec une comparaison entre les personnages du roman et du film 😀

 

Pour voir la partie histoire de quoi qu’on cause plus bas : ici

Pour voir la partie différences : célà

 

Il y a pas mal de différences entre les deux œuvres au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, mais les personnages principaux restent globalement les mêmes (du moins les gentils) entre l’oeuvre originale et l’adaptation, ce qui rend la comparaison assez facile.

 

Tsé, les captures d'écran elles sont de moi hein

 

Pour les « gentils », Sophie reste à peu près la même dans le film et dans le livre, à quelques exceptions qu’elle est beaucoup plus énergique, colérique et vive dans le livre (cf. le passage du désherbant…). On peut mettre ça sur la différence de vision de ce que doit être une héroïne entre l’écrivaine pour adolescents et le studio de réalisation du film, vu que pour un Miyazaki, Sophie est quand même un personnage énergique et qui prend les choses en mains. Par contre, beaucoup d’autres personnages sont différents dans les deux œuvres.

Hurle est ainsi beaucoup plus gentil et moins sarcastique dans le film que dans le livre, il épargne plus Sophie et lui livre moins de remarques acerbes. Le Hurle du livre est aussi un peu plus hésitant, plus mièvre, plus narcissique (les séances de bains dans le film ne sont pas minutées, mais le livre nous livre assez précisément le nombre d’heures, en général deux bien tassées, qu’il met à chaque ablution) et plus secret. Son plus grand secret est donc sa vie terrienne, qu’il vit en pointillés. On le voit en relation principalement avec sa sœur et ses neveux et nièces, auprès de qui il passe pour un universitaire qui a raté sa vie et complètement fauché. Cette double vie lui donne un relief qu’il n’a pas dans la version de Miyazaki, qui occulte rapidement dans le film tout son passif de « voleur de coeurs » et ses conquêtes féminines réelles ou supposées.

Elles sont pas belles, ça vient de VLC

Michael semble plus vieux dans le livre que dans le film et tient beaucoup plus le rôle de l’apprenti de Hurle. C’est bien simple, dans le film, Michael est là pour la déco… C’est regrettable, d’autant que son rôle dans le livre n’est pas des moindres : il modère les ardeurs de Sophie, ce qui n’est pas une tâche très facile (cf. LE PASSAGE DU DESHERBANT) et surtout devient l’élément déclencheur des péripéties finales en rapportant un poème du Pays de Galles, qui est en fait une version écrite de la malédiction qui frappe Hurle.

Calcifer est le personnage qui a le moins subi de transformations entre le livre et le film : il râle toujours autant, l’honneur est sauf! Le pacte entre lui et Hurle est de même nature et son rôle est similaire dans les deux oeuvres, faisant de lui le fil rouge entre les deux récits.

 

Kikou Calcifer! (je l'aime, lui <3)

Cependant, Miyazaki a complètement innové en ce qui concerne les « méchants » de l’histoire, qui sont chez lui Mme Suliman et la Sorcière du Désert.

Parlons de la sorcière du désert… Maman, ce désastre. Tout le mystère, la classe et l’absence (oui, la sorcière du désert, dans le bouquin, on en parle beaucoup, mais on ne la voit qu’au début, un tout petit peu… et à la fin, enfin ce qu’il en reste.) de la sorcière dans le livre, tout ça pour une omniprésence de celle-ci dans le film! En plus, si c’est pour y mettre une petite mémé rabougrite dans la plupart des scènes, Miyazaki, t’as déconné sec!

La sorcière du désert du livre a le même problème que Hurle : elle a ramassé une étoile filante et a son propre démon, qui consume tout doucement son coeur. Sauf que vu qu’elle est plus vieille que Hurle, son coeur a été quasiment tout dévoré et son démon du feu a pris le dessus… Cette piste n’a pas du tout été exploitée dans le film, et là j’en veux un peu à Miyazaki, qui a laissé une Suliman venue d’on ne sait où enlever des pouvoirs à une sorcière on ne sait comment, ni pourquoi, le tout quasiment au début du film. Le pire, après, c’est de voir comment la sorcière du désert, privée de ses pouvoirs, devenue vieille moche et rabougrite, développe un côté doucereux et sussure à l’oreil de Sophie que Calcifer est beau. Rhaaaargh. Ce qui ne change pas, c’est qu’elle veut le cœur de Hurle, on sauve quand même les meubles.

Par contre, pour modifier le format de la capture d'écran, je sais pas faire.

D’ailleurs, parlons un peu de Suliman, vu qu’on entre dans le coeur (haha) du problème. Suliman est donc une invention complète de Miyazaki, un mélange de Mme Tarasque, la vieille professeure de Hurle, l’enchanteur Suliman, un peu de la sorcière du désert et Ben Sullivan du roman. Mme Tarasque est foncièrement un personnage très gentil, très douce et très vieille (elle essaie même de rompre le maléfice de Sophie en essayant de ne pas se faire choper), qui prend la mauvaise décision de mourir pendant l’histoire et rend Hurle triste -mais Hurle est paraît-il très beau en noir. Suliman, ou Ben Sullivan (un autre pays-de-gallois à Ingary qui a le bon goût de changer de nom une fois passé entre les mondes) est paraît-il un enchanteur un peu pote avec Hurle et avant-dernier élève de Mme Tarasque, qui s’est un jour paumé en marge du désert et que plus personne n’a vu ensuite. Il très gentil lui aussi, quand il a la bonne idée de revenir à la vie en un seul morceau.

Les rassembler dans le film pour donner Mme Suliman, une femme qui sous des apparences bonhommes et sympathiques est à la recherche du pouvoir et de la soumission totale de la magie ancienne, est un choix osé de Miyazaki, mais qui rend tout son sens aux choix artistiques du film. En effet, en choisissant un univers plus proche de la révolution industrielle et du steampunk, comme on l’a vu précédemment, Miyazaki montre l’opposition entre Hurle et son château qui incarne la tradition magique, désordonnée et en déclin contre Mme Suliman, qui représente l’ordre, le progrès et les machines. Mme Suliman, au-delà de son personnage, représente donc tout l’esprit d’une époque où le monde ancien bascule vers la révolution industrielle et le monde ordonné et pressé que l’on connaît aujourd’hui.

Mais même si j’ai trouvé logique le positionnement de Miyazaki, je n’ai pas aimé les personnages de la sorcière du désert et de Suliman : je n’ai pas aimé qu’une telle « méchante » se trouve dans le film. En plus, Miyazaki perd l’occasion d’animer Mlle Angorianne, décrite dans le livre comme une véritable bombe (du moins, c’est ce qu’en pense Sophie) et qui poursuit Hurle à travers les dimensions dans la fin du roman. C’est elle qui rend Hurle honnête et le force à accepter ses sentiments pour Sophie, alors que Suliman n’est pas visible dans la plupart du film et agit indirectement.

Si tu sais, dis-le moi.

Bref, un bon et du moins bon dans la transposition des personnages du roman à l’écran… Je crois que c’est la partie qui m’a le plus déçue dans l’adaptation de Miyazaki :3 Enfin, tout n’est pas perdu, la fin du film est quand même super mignonne pour un réalisateur qui n’a pas l’habitude des histoires d’amour passionnées ^^

L’univers de Hurle

2015 avril 3

Après un faux départ de l’article et un petit souci de serveur, je remets l’article en ligne :3

Avant de parler des personnages, parce que j’en parle seulement dans le prochain article, j’aimerais aborder les différences entre les deux univers. Parce que je préfère spoiler un peu les contours avant de parler des points centraux, et aussi parce que l’univers du bouquin ne peut être appréhendé seulement par ses personnages ou par le début de l’histoire :p

 

Pour le récap des gens qui n’auraient pas suivi :

Introduction :

Le début de l’histoire :

——

Allez, c’est parti!

Youhou!

J’avais abordé une différence de taille entre l’univers du livre et celui du film dans mon article précédent, qui déterminait le genre des deux œuvres (plus fantasy pour le livre et fantastique pour le film). Là, je rentre plus dans le détail des représentations des deux univers.

Tout d’abord, une différence énorme saute aux yeux dès le début du film (voir le passage du train sous les vitres de l’atelier de Sophie) quand on a lu le livre : le monde donné à voir par le film de Miyazaki est en pleine révolution industrielle et ressemble fort aux représentations picturales, à la mode et à l’architecture du dernier quart du XIXème européen (hormis les engins volants, très uchroniques-jules-verniens pour les petits engins – voire steampunk et très Nausicaa pour les gros), quand le monde d’Ingary est plutôt typé XVIIème siècle, avec beaucoup d’apports des poncifs de contes de fées, utilisés la plupart du temps à des fins de parodie comme je l’avais déjà signalé dans l’article sur l’histoire des deux oeuvres.

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L’autre point qui est assez évident, c’est que le monde du film est un monde en guerre, en contraste complet avec le monde plutôt débonnaire et bon vivant du livre (bon, ok, on parle quand même de guerre, mais c’est une menace dans un coin, pas quelque chose de palpable). Le point de départ de l’aventure de Sophie dans le livre est la fête de Mai, dans la tradition des fêtes anciennes qui marquaient les saisons (d’ailleurs, la signification d’une telle fête est pour moi est une promesse de choses en-dessous de la ceinture, ça fait très Nounou Ogg ces choses-là. D’ailleurs son livre de recettes a enfin été traduit en français, c’est de la grande littérature. Hommage à Terry Pratchett.).

Dans le film, la fête de mai se transforme en parade militaire, dans un monde assez militariste et pressé, mais sans qu’il y ait un ancrage complet dans l’histoire réelle de la fin du XIXème européen (pas de noms de lieux, de personnes pour identifier précisément l’action). La scène du combat entre la sorcière du désert et Hurle du livre est transformée par Miyazaki en scène où un bâtiment militaire défait et en train de couler revient au port. Les soldats peuplent le film font plus que penser aux soldats européens de la guerre de 1870 entre la France et l’Allemagne, alors que la technologie, elle, est assez variable et peut faire penser à une période allant de la fin du XIXème à environ la fin de la première guerre mondiale. En plus, très peu d’infos fuitent sur le pourquoi de cette guerre totale : tout juste a t-on l’impression que c’est pour savoir qui a les plus grosses, et aussi un peu pour passer le temps (bon, ok, le prince Justin est porté disparu, c’est pas très grave au fond, non?). Les personnages principaux du film, sauf Hurle qui y prend un rôle actif, agissent comme si cette guerre ne les concerne pas, ce qui renforce cette impression de flou.

Kiri kiri kiriiii

Le troisième point qui saute aux yeux quand on a lu le livre, c’est l’absence dans le film du Pays de Galles (sisi). Si vous avez vu le film, vous vous souvenez forcément de la porte d’entrée du château avec les codes couleur et une sortie par code, avec la poignée qui tourne pour changer de sortie du château… La plus grande divergence entre les deux œuvres est à ce niveau : dans le film, le code couleur noir correspond à l’activité guerrière de Hurle, qui s’élance dans ce « vide » derrière la porte pour aller faire la guerre lui aussi, transformé en chimère, alors que dans le livre le « vide » correspond au Pays de Galles. C’est moins prestigieux, moins dramatique également (c’est même un peu la lose selon le point de vue), mais c’est là d’où vient Hurle et où il retourne plusieurs fois au cours de l’histoire, avec Sophie et Michael.

Bon, du coup, vous aurez deviné, le Hurle du livre ne vient pas du monde d’Ingary et bien de la Terre. Hurle est donc un humain. Cette caractéristique fait indirectement du livre un récit de mondes parallèles, vu que ce n’est pas Hurle le héros, mais bien Sophie qui ne pige pas forcément bien ce qui se passe lorsqu’elle y va pour la première fois (les interprétations de Sophie quant à la nature des objets qu’elle découvre au Pays de Galles sont vraiment rigolotes). Il n’en est pas du tout question dans le film, Hurle se plaisant même à montrer à Sophie l’endroit où il aimait passer ses vacances quand il était petit, ce qui laisse penser qu’il n’y a pas du tout de mondes parallèles existants dans le film et que tout se déroule à Ingary.

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Ce (gros) point rend ainsi l’œuvre de Miyazaki moins riche, plus linéaire et plus « plate » dans l’appréhension du monde décrit, mais tout de même intéressante car les personnages prennent au cours de l’histoire un caractère différent de ceux de l’œuvre originale.

 

A suivre!

L’histoire des deux châteaux

2015 février 27

J’aurais pu aussi mettre en titre « l’histoire des deux maîtres des hauts châteaux« , mais comme je n’ai pas vraiment apprécié le bouquin, y faire référence me paraît un peu de la triche.

En tout cas, voici le premier épisode de ma série d’articles sur Le château de Hurle et Le Château ambulant. Dans cette partie, je compare le début de l’histoire dans les deux œuvres, jusqu’à la rencontre entre Sophie et Hurle et le pacte de Calcifer. Cette partie de l’histoire est assez similaire, après cela Miyazaki part complètement en live dans son film, sans trop d’explications. C’est assez déroutant qu’il ait pris cette décision, mais cela permet d’offrir une alternative au récit original par Diana Wynne Jones.

Mon exemplaire ressemble à ça :D

Mais même si le début de l’histoire décrite dans l’article est à peu près semblable entre les deux œuvres sur le papier, la vraie différence entre l’histoire des deux univers est l’atmosphère et la vraisemblance scénaristique : là où le début de l’histoire du roman est une parodie assumée de contes de fées et écrite pour des gens aimant les histoires d’univers parallèles et donc relevant franchement de la fantasy, le film essaie de s’insérer dans un contexte plus réaliste et historique avec des éléments surnaturels, dans la lignée de certains récits fantastiques. Il faut donc bien avoir à l’esprit que là où la Sophie du livre est un pur produit de contes de fées des 17ème-18ème siècles, la Sophie du film est d’une époque à la croisée entre le monde ancien féérique et un équivalent de la seconde révolution industrielle de la fin du XIXème occidental.

Le film avec HUUUUUUUUURLE <3

Le Château de Hurle et le Château ambulant ont tous les deux la même base scénaristique : Sophie Chapelier, chapelière et fille de chapelier de son état, est une jeune femme un peu triste, qui pense que ses chances de faire fortune sont minces, parce qu’elle est l’aînée de trois filles.

En effet, comme pointé dans le roman, dans le monde d’Ingary où se déroule l’histoire, l’aîné est celui qui a le plus de chances de se planter si il lui arrivait un beau jour de vouloir partir à l’aventure (en référence directe aux contes de fées de Perrault et de Grimm ) : être aîné suppose finir dans la cohorte des princes déçus quand ce n’est pas morts zigouillés, des sœurs acariâtres évincées et des gens qui passent à côté de fortunes prodigieuses. Au profit, le plus souvent, du plus jeune, ce conn… veinard.

Sophie a d’ailleurs d’autres raisons de se faire du mouron quant à son avenir glorieux personnel : son père est mort et, sous la demande de sa belle-mère, elle reste toute la journée à coudre des chapeaux pour tenir la boutique, quand ses deux plus jeunes sœurs, Lettie et Martha, sont parties en apprentissage ailleurs pour cause de manque d’argent.

Dans les deux œuvres, d’ailleurs, Sophie est dans le début de l’histoire pâle, effacée, craintive et ne se pose que peu de questions quant à une possible manipulation par sa belle-mère pour son profit. A peine effleure-t-elle la question dans le roman, mais c’est pour complètement mettre de côté cette hypothèse, jugée farfelue. Elle aurait pourtant tout son sens, car Sophie ne sort jamais (et repousse toujours ad patres toute sortie de la boutique pour voir ses soeurs), ne se fait pas d’amis et reste cloîtrée à coudre à longueur de journée.

GRAAAAA GRAAAAA

Un jour pourtant, elle se décide à sortir pour aller voir sa sœur à la boulangerie. En pleine fête de Mai, elle se fait aborder par plusieurs hommes, avant d’arriver dans une boulangerie pleine à craquer. En passant, elle remarque bien le château de Hurle, dont on dit qu’il mange les cœurs des jeunes filles, mais son manque d’esprit d’aventure fait qu’elle prend peur des gens, de la fête, des bruits trop forts et de ce château brinqueballant dans la lande au-dessus d’elle.

 

Le power couple

 

Une fois à la boulangerie, Sophie se fait sermonner par Lettie sur son manque de courage et sur le fait qu’elle se fait exploiter par leur mère à toutes les deux, ce qui énerve Sophie.

Le soir, alors que Sophie est passablement énervée sur le sujet, une dame étrange apparaît dans la boutique. Sophie lui propose d’essayer des chapeaux dans le roman, de partir dans le film, mais laisse échapper dans les deux cas une remarque malheureuse. A ce moment, la dame étrange, qui est en fait la sorcière du désert, l’adversaire jurée de Hurle (Hurle ne veut pas l’épouser et IL A BIEN RAISON VU QU’IL EST POUR MOI), se saisit de ce prétexte et lui jette un sort.

Dans le film, le passage où Hurle rencontre Sophie pour la première fois et la guide hors d’un guet-apens posé par la Sorcière du désert est une excuse pour cette scène de confrontation entre Sophie et la sorcière. La première rencontre entre Hurle set Sophie se passe de façon bien différente et plus imperceptible dans le livre (c’est là où on voit que de manière générale, le Hurle du film est moins développé, car il est moins rusé, secret et ne porte que peu de déguisements à l’inverse de son comparse littéraire, et sous-utilise les possibilités que laissaient entrevoir le livre. J’imagine que Miyazaki a dû simplifier, hein… *soupir*), vu que Sophie rencontre un Hurle déguisé et qu’il ne dit jamais son nom, la sorcière devant se contenter de deviner les liens entre Hurle et Sophie.

 

CETTE VIEILLE CONNASSE

 

Du coup, les raisons de la transformation sont légèrement différentes dans le roman et le film, mais le résultat est le même : Sophie est changée par la sorcière des landes en vieille de 90 ans bien tassés et toute rabougrie, aux jointures craquantes, la peau parcheminée et les genoux noueux.

 

Sophie, qui n’a plus rien à perdre désormais, décide alors de partir à l’aventure avec un bout de pain et de fromage… Dans le roman, sur son chemin elle rencontre un épouvantail, un chien attaché et un bâton. Sophie parle au premier, sauve le deuxième et ramasse le troisième (là, le lecteur assidu de contes se met aux aguets et il a bien raison), alors que dans le film elle part juste en voyage, rencontre l’épouvantail Face de navet et chope un bâton sans signification particulière. Miyazaki perd pour la première fois le lien avec le roman dans ce passage précis pour ne garder que Face de navet et en faire un totem sympathique, alors que Sophie prend peur de l’épouvantail quand il prend vie dans le bouquin.

 

J'aime la poussière o/

 

Puis, dans le roman elle se trouve face au château du magicien Hurle et décide, par un caprice de vieille mémé acariâtre, d’y passer la nuit (dans le film, c’est Face de navet qui lui trouve le château). Et vu qu’elle n’est plus une jeune fille au cœur tendre, Sophie pense qu’elle ne risque rien (Cette fois-ci, le lecteur ricane grassement). Cela se passe un peu différemment dans le film, mais le résultat est le même : Sophie s’incruste chez Hurle en tant que femme de ménage et a bien l’intention de rester. Surtout depuis qu’elle a fait un pacte avec Calcifer, son démon du feu et qu’elle doit trouver comment rompre le lien entre Calcifer et Hurle en échange de l’annulation de son propre maléfice.

Je suis un méchant démon du feu, niark niark

A partir de là, l’histoire diverge vraiment entre les eux versions de l’histoire, pour donner deux finaux assez différents (ok, sauf sur un point : Hurle finit avec Sophie. Mais bon, depuis qu’elle a trouvé l’épouvantail, le chien et la canne et fait ce qu’il fallait faire à chaque fois, vous le saviez déjà, non?). Il devient donc intéressant de détailler les personnages…

 

Suite au prochain épisode!

Saint-Valentin en retard : Hurle, son château, mon quatre heures

2015 février 22
by Tata Simone

C’est un exercice que j’ai très peu fait au cours de mon activité bloguesque, et même si elle est un peu moribonde ces temps-ci, une question qui a été posée sur Twitter relance un article que j’aurais dû faire il y a très longtemps.

Je vais faire un comparatif entre le Château Ambulant et le Château de Hurle, tout à la gloire de Hurle et de son caractère irascible.

En fait, je le prépare déjà depuis un moment, j’essaie d’être assidue et d’écrire régulièrement. Pour tout dire, l’article était déjà à moitié écrit et je pensais le sortir en un seul morceau, puis en cours de route je me suis rendue compte je ne sais vraiment pas faire court :p. Du coup il va être séparé en plusieurs sous-articles, parce que j’en suis à 5 pages de texte en équivalent Word et que je n’ai pas mis la moitié de ce que j’aurais aimé y mettre, à cause de ma crainte d’ennuyer le lecteur (Oui, je parle bien de toi, mon lecteur adoré). Du coup, je vais sortir une série d’articles sur le sujet, à la manière de ce que j’avais fait sur les 12 Royaumes.

Pour moi, établir un comparatif entre une œuvre originale et son adaptation n’est pas forcément très facile, surtout quand on juge un écrit et un film qui ont tous les deux leurs fans et ciblent un public assez différent. Mais ayant lu/vu les deux œuvres et apprécié les deux à des degrés divers, il est temps (après avoir retardé l’article pendant des années, lalalalala, main, poil, canne, tout ça) de donner un aperçu sur leurs ressemblances, leurs différences, tout en gardant bien à l’esprit qu’elles n’ont finalement que peu en commun, à part l’histoire de Sophie. Et que le livre est tellement bien qu’il faut que vous le lisiez tous, maintenant là tout de suite \o/

Bien sûr, c’est plein de spoilers, alors si vous ne voulez surtout pas deviner quoi que ce soit de l’intrigue parce que vous n’avez encore rien vu ou lu, ne lisez pas les prochains articles :3

Mode [off] : une façon cosmétique d’utiliser des oeufs périmés

2015 février 8
by Tata Simone

Okay, donc aujourd’hui je suis en mode off et on va parler de cheveux.  Cheveux, oeufs périmés : ouep, je vais bien présenter une recette de shampooing aux oeufs 😀

 

Je ne sais pas si il t’arrive de voir un paquet entier d’oeufs se périmer dans ton frigo et devoir les jeter 10 jours après la date limite, mais moi ça m’arrive de temps en temps. En général, c’est coincé derrière un autre paquet et comme j’ai une mémoire de poisson rouge, je m’en rends compte bieeeeen après la date de péremption.

 

Du coup, quand ça m’arrive, soit je les jette parce que ça craint trop, soit je les réutilise pour me faire un shampooing (ce n’est pas parce qu’ils sont périmés pour la consommation alimentaire qu’ils sont pourris, l’intérieur d’un oeuf même 10 jours après date de péremption a une apparence tout à fait normale et ne sent rien si son intégrité a été préservée. Dans le cas contraire, IL FAUT LES JETER.).

 

Ma recette est archi-simple :

 

– 3 jaunes d’oeuf (base de comptage : j’ai les cheveux assez longs sous les épaules, donc 4 jaunes d’oeuf, c’est mieux)

– 2 cuillères à soupe d’eau (faut pas que ça soit trop liquide)

– Facultatif : 1 cuillère à soupe de rhassoul ou ghassoul (trouvable par exemple chez Aroma-zone, c’est très bien pour les cheveux qui grassouillent aux racines assez rapidement comme les miens)

 

Et hop, on touille, faut que ça devienne à la limite du crémeux.

 

Pour la précision, le jaune d’oeuf doit être bien séparé du blanc, parce que le blanc c’est un peu de la colle pour tes petits cheveux et que dès l’instant où c’est en contact avec une source de chaleur, ça se transforme en omelette.

Tu as bien compris, on en vient au point négatif de cette recette : quand on se lave les cheveux avec de l’oeuf, il faut se laver les cheveux avec de l’eau FROIDE. Pas tiède, mais BIEN FROIDE.

 

En ce moment d’ailleurs, ça va être sympa d’appliquer la recette…

 

Bref, ensuite l’application se fait -un peu- comme un shampooing normal : tu sécurises la zone pour les projections, tu mouilles tes cheveux à l’eau froide, tu mets le mélange bien touillé sur tes tifs, tu ne t’attends pas à ce que ça mousse à la folie surtout même si le rhassoul aide à ce que ça mousse un peu, tu frottes un peu ton cuir chevelu et tu rinces bien, mais BIEN. Tu ne fais pas ta chochotte parce que c’est froid, il faut y aller carrément, pour tout bien rincer (sinon il reste du jaune d’oeuf, voire du blanc). C’est visqueux et un peu ragoûtant, je te préviens, mais tu es presque au bout.

 

Après il faut rincer la zone de guerre, parce que le jaune d’oeuf et le rhassoul, c’est pas super glamour.

 

Une fois tes cheveux secs, ils seront doux et si tu as les cheveux grassouilles comme moi au bout de 2 jours, tu peux t’attendre à 3-4 jours de paix royale. En cas de cheveux fins, tu peux même t’attendre à un peu plus de consistance.

Par contre tu peux avoir des petits bouts de blanc d’oeuf dans les tifs, mais si la séparation des jaunes et des blancs a été bien faite, c’est vraiment minime.

 

Et non, si tu as bien rincé, ça ne sent pas l’omelette.

Réflexion intense, c’est DE BON PRESAGE

2015 janvier 11

Hmmmm… Ma réflexionnite aigüe du genou droit me pousse à me demander si Twitter ne me pousse pas trop à la procrastination (mais vu que je perds tous mes souvenirs, j’aurai ptêt oublié ça demain?).

 

Parce que là, entre Zombie Ass/Robogeisha (encore à voir pour celui-ci, mais bon), Bienvenue au club, Sailor Moon et tout le reste, j’ai de quoi parler. Mais j’ai trop la flemme. Faudrait que j’aie une bonne période de chômage (NON EN FAIT HEIN), tiens, parce que là franchement je suis bien trop concentrée sur mon boulot.

Et sur l’actualité depuis ce mercredi, qui fait que je n’ai pas le cœur au boulot non plus (haha). Cette deuxième partie de semaine me fait l’effet d’une mauvaise blague et même si je n’ai jamais apprécié vraiment Charlie Hebdo pour ce qu’il est, je suis vraiment triste. Et j’irai manifester cette tristesse cet après-midi, tant j’ai eu un trop gros aperçu de l’apocalypse.

 

Pour pleurer encore plus (sadiiiisme), voici une illustration de Tignous, l’une des victimes de ces abrutis (site original du post).

Y'a pas que les caricatures dans la vie :3

 

J’aimais bien son style avant qu’il ne devienne caricaturiste, moi (Il me semble avoir déjà vu ce style quelque part, ptêt dans les Casus Belli familiaux. Hmmmm.). Putain.

 

En parlant d’apocalypse, allez écouter la version radiophonique de De bons présages faite par la BBC avant qu’elle ne disparaisse (ou devienne payante, voire se transforme en un best-of de Queen). Bien sûr, c’est en anglais, mais vous êtes tous à l’aise en anglais, non?

Je suis même sûre que vous êtes à l’aise en blagues en humour anglais typique, même de la part d’anges, de démons, de sorcières ou de cavaliers de l’apocalypse.

C’est la transcription quasi fidèle du roman De bons présages (Good Omens en anglais), écrit par Terry Pratchett et Neil Gaiman, que je ne peux que vous conseiller si vous ne l’avez pas encore lu. Si vous voulez avoir un aperçu du contenu du livre, j’en avais parlé ici.

 

Prenez soin de vous.

Ayayayayaya- Go-ku-sen

2015 janvier 3
by Tata Simone

Aujourd’hui, mes enfants, je vais vous parler d’un temps que les moins de 20000 ans ne peuvent pas connaître… Un temps où Dailymanga listait beaucoup de sorties de scantrad US et Fr et où je guettais mon fix le dernier chapitre de Gokusen, tout en rêvant secrètement que le manga arrive chez nous. C’était vers 2003-2004, les années bénies où je n’en foutais pas une rame à la fac, je lisais tous azimuts, écoutais Radio campus Orléans (88.3 FM, y’avait une émission sur les mangasses), je dessinais des zigouigouis et j’organisais des bouffes chez les gens sans leur avis et avant de les mettre au courant.

 

 

10 ans après, Gokusen est enfin sorti chez Kaze! Le moins qu’on puisse dire, après avoir vu le succès du manga au japon (au moins 3 séries télé dont une avec Shun Oguri <3, des films et un anime), c’est que l’arrivée par chez nous n’a pas été super rapide…

 

 

L’histoire en elle même est assez connue (si vous ne savez pas ce qu’est Gokusen, je vous invite à regarder la première série de drama, celle avec Shun Oguri, elle est sympa comme tout. Ok, y’a aussi Jun Matsumoto dedans, mais soyez choupis, ça en vaut la peine :D) : Kumiko Yamaguchi, alias Yankumi, est la future héritière d’un clan de yakusa actuellement dirigé d’une main de fer par son grand-père. Mettant ses origines familiales de côté, elle a décidé de poursuivre des études pour devenir professeure de maths et sa première affectation est dans un lycée qui n’a pas une très bonne réputation : à moitié en faillite, l’établissement accueille tout un tas de lycéens n’étant pas vraiment des foudres de guerre en classe et dont la moitié ressemble et agit comme des petites frappes (brushing y compris). Bref, Kumiko va avoir fort à faire pour se faire respecter et faire en sorte que ses élèves passent leurs examens haut la main 😀

 

Sur ce départ alléchant, je dois avouer que mon avis de 2014 sur ce manga diverge un peu de celui que j’avais en 2004.

 

 

Déjà, l’histoire avance peu d’un tome à l’autre. C’est assez lent et peu rythmé, il se passe peu de choses dans les chapitres qui font avancer vraiment le schmilblick entre les personnages principaux. J’ai l’impression de lire des épisodes one-shot l’un à la suite de l’autre, où la situation finale sera la même que 2 tomes avant :/ De plus certains épisodes, notamment celui de la menace de fermeture du lycée cadrent assez mal avec le rythme tranche de vie du manga et n’ont pas grand-chose à foutre là… Une volonté de l’éditeur? Plus généralement, le manque de vrai fil conducteur structurant le manga disséminé dans les chapitres (réelle progression des élèves, évolution suivie de la relation entre Yankumi et un certain intérêt amoureux, quoique sur le tome 4 ça prend tournure), mis à part quelques rappels sur les évènements précédents, devient un assez gros problème au bout de quelques tomes.

C’est là où je vois vraiment la différence de lecture qu’il peut y avoir entre des épisodes fragmentaires de la publication en magazine de prépublication (et en scans morcelés) et la lecture continue en volumes reliés malgré la séparation en chapitres : là où l’intérêt est sans cesse relancé par la publication d’extraits limités avec des cliffanchers bien placés (Yankumi va t-elle réussir à flanquer une rouste à des gens pas gentils sans que ses élèves le sachent?), le volume relié tend à amoindrir cette tension et à rendre le tout fade. Ou alors il faut se forcer à lire un chapitre par jour?

 

Le dessin ensuite, toujours aussi minimaliste. Visiblement, ce qui me plaisait en 2004 ne me plaît plus tellement en 2014… Les arrière-plans sont rapides, voire vides. Par contre les visages sont toujours aussi expressifs, ce qui est plutôt sympa et drôle 😀 Mais l’absence assez courante de lignes de mouvement dans les cases, de dynamisme réel gâche un peu l’ensemble quand y’a DE LA BAGARRE.

 

Oh, et la traduction. La traduction est, comment dire… Hum… Euh… Décevante? 🙁

 

Je… (attention scan dégueu)

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(Attention photos pas terribles)

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Bon, comme d’habitude je ne retrouve pas les extraits les plus parlants juste en feuilletant les tomes :/ Bref, je pense que Gokusen a un vocabulaire très particulier et des niveaux de langue propres à la position de Yankumi en tant qu’héritière du clan, professeure et les relations avec les autres personnages gravitant autour d’elle, qu’il aurait peut-être fallu adapter différement. De plus, je trouve que l’intrusion de vocabulaire supposément « gangster » et mafieux dans les dialogues tombe à plat dans la traduction française quasiment à chaque fois et utilise des mots soit désuets (et potentiellement fortement ridicules) soit inconnus au bataillon. Mais c’est ptêt juste moi qui n’apprécie pas les choix de traduction?

 

 

En conclusion, j’aurais vraiment, vraiment voulu adorer cette édition de Gokusen, qui pour ne rien gâcher est très bon marché pour un manga grand format (7,79€), mais je trouve le manga bof pour l’instant, je pense que j’en attendais un peu trop. Mais je veux savoir la fin alors je m’accroche è_é